samedi, 07 novembre 2009

De la suffisance et des insuffisances

vanité.jpgLieu de débat et de gestion des affaires de la ville, le conseil municipal sous l’impulsion de Marine Le Pen, Steeve Briois et de Georges Bouquillon est devenu un espace où il est désormais admis de mener campagne à son profit.

A Marine Le Pen, la palme des plus belles illusions : celle de transformer en or tout ce qu’elle touche. Que certains avocats puissent abuser des effets de manches pour justifier ce qui autrement serait impossible n’est pas exceptionnel. Que la frontiste y ajoute de la suffisance, qu’elle s’affranchisse de la prudence pourtant indispensable à qui s’en ira réclamer à l’Etat 5,8 M €, voilà qui témoigne de sa volonté de faire de cette situation son nouveau jouet médiatique.

Mais il est vrai que cette somme serait fort utile à Steeve Briois. Ce dernier, endossant l’habit de grand architecte et oubliant comme par enchantement, l’espace d’un temps, les graves difficultés financières de la ville, s’en est allé exposer sa vision urbanistique de l’Hénin Beaumont de …. 2050, serions nous tentés de dire.

Si de telles attitudes démagogiques sont de nouveau possibles au sein de ce conseil, le FN le doit à une majorité municipale, certes pour partie courageuse mais complètement dépassée par les évènements. Une majorité qui est aussi désormais divisée en son sein : l’un de ses élus s’en allant même préférer Marine Le Pen à Daniel Duquenne pour une représentation de la ville au sein du Conseil d'administration d'Adevia.

Mais elle le doit aussi à Georges Bouquillon qui est toujours  à la recherche des responsabilités que la France entière est pourtant capable d’attribuer à Gérard Dalongeville. Un 3ème adjoint qui pour y parvenir se livre de manière éhontée à quelques fâcheux oublis le concernant ainsi qu’à certains raccourcis mensongers. Une plaidoirie égocentrique aux antipodes du combat qu’il conviendrait pourtant  de mener et des actions à développer en faveur de la population.

Un argumentaire d’une faiblesse imbécile que Marine Le Pen, n’eut aucune difficulté à démonter en s’appuyant sur des documents préalablement classés … Le hasard ce jeudi soir ne souriait manifestement pas qu’aux audacieux …

Que dire aussi de l’invitation de l’AR faite au FN de siéger dans nombre de conseils d’administration ? Erreur politique assurément mais aussi une opportunité supplémentaire pour Marine le Pen et Steeve Briois d’asséner un discours bien trop policé pour l’obtention d’un certificat d’authenticité, de jouer les outragés et de parader pour faire ainsi et notamment oublier la condamnation récente de celui qui se gargarise d’être l’enfant du pays.

Tout ça n’est vraiment pas sérieux face aux défis qu’il importe avant toute autre chose de relever pour viser à un avenir des Héninois et Beaumontois plus juste et solidaire. Les acteurs de ce dernier Conseil Municipal étaient manifestement très éloignés de toutes ces considérations et aspirations.

 

vendredi, 06 novembre 2009

Appel du jugement dans l'affaire Tapie

Bayrou-petit-151007.jpgFrançois Bayrou a déclaré, lundi 2 novembre, qu'il envisage de faire appel du jugement du tribunal administratif qui a validé l'arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais ; ce jugement contraint l'Etat à verser 285 millions d'euros à l'ancien homme d'affaires.

"La probabilité, c'est que nous ferons appel", a précisé le Président du Mouvement Démocrate, ajoutant : "nous étudions en détail le jugement pour voir quels sont les arguments qu'on peut faire valoir en appel".

 

Le jugement rendu début octobre a ouvert "une porte tout à fait positive". "Charles de Courson et moi-même avons été déclarés recevables" par le tribunal, mais "nous savions depuis le début que c'était une oeuvre de longue haleine", a encore affirmé François Bayrou.

Il a conclu en considérant que "ce n'est pas Tapie le problème, le problème c'est l'Etat qui a pris cette décision".

samedi, 31 octobre 2009

Et s'il fallait s'en repartir aux urnes

depart.jpgLa jubilation de maître Cattoir à l'idée d'un grand chelem peut être compréhensible.

Mais il est des périodes ou des endroits plus propices que d'autres pour en expliquer les raisons.

Hénin Beaumont ne peut en faire partie. Quoi de plus normal pour une ville où les aléas judiciaires ne pourront effacer les déficits occasionnés au cours de ces trop nombreuses dernières années.

Cette jubilation est donc maladroite comme malhabile fut, pour certains, le communiqué de la LDH demandant le respect des droits de la défense et de la présomption d’innocence pour Gérard Dalongeville

Pour autant la maladresse n'enlève rien à la justesse des actions entreprises. Faire respecter le droit, d'une part et, pour monsieur Pruvost,  veiller aux "considérations de simple humanité". Tous deux restent dans leur rôle, même si, politiquement, il est de bon ton que de hurler l'inverse.

Il en va ainsi aussi de la sincérité  de celles et de ceux, qui bien que se préoccupant réellement de l'état de santé de Daniel Duquenne , poursuivent leur action politique. Il y a dans cette atitude, et quoi qu'en disent quelques âmes bien intentionnées, le témoignage d'un véritable respect dû à chacun, au maire tout comme à l'ensemble des Hénibeaumontois.

La situation hénibeaumontoise est exceptionnelle. Elle l'est tant et tant qu'elle génère quelques inconciliables. Il en est un notamment que l'actualité prochaine  pourrait nous réserver : faut-il se réjouir d'un retour aux urnes ?

La réponse est sans conteste NON. Deux raisons au moins à cela.

La première trouve son origine dans le marasme hénibeaumontois. Il importe plus que jamais pour la ville d'Hénin Beaumont et ses habitants de retrouver de la sérénité.  L'amputation d'1/3 de ce mandat 2008-2014 serait dommageable pour la majorité municipale qui viendrait à se constituer à l'issue de ce 3ème retour aux urnes.

La seconde est liée à la nature même de notre engagement politique. Celui-ci n'est pas téléguidé par des échéances électorales. Une élection n'est pas une fin en soi. Elle n'est qu'un RDV avec la population, un préalable à la conduite de politiques auxquelles nous croyons et en faveur desquelles déjà nous oeuvrons.

Non, nous n'avons donc nulle raison de nous réjouir s'il fallait  repartir aux urnes.

Mais il est un fait, en revanche, acquis : si élection il y avait, nous serions bien évidemment prêts.

vendredi, 23 octobre 2009

Steeve Briois : coupable, pas victime !

briois le pen.jpg

Mais que se passe t-il au FN ?

 

Si maintenant Steeve Briois, qui aime à s'abriter derrière le slogan "tête haute - mains propres", est condamné pour diffamation, alors il y a de quoi être réellement inquiet …

 

Que les choses soient claires, le MoDem hénibeaumontois n'a aucune raison de se réjouir de cette décision judiciaire. Cette condamnation confirme, en revanche, les craintes de voir une opposition davantage injuriée et une presse vilipendée si Steeve Briois devenait le 1er magistrat de la commune. La liberté d'expression, et notamment celle des médias, semble être pour "l'enfant du pays" et ses collaborateurs à géométrie variable.

 

Le frontiste Steeve Briois s'en remet désormais à l'organisation d'un complot érigé par l'ensemble des partis politiques pour se présenter comme en étant la victime. Une défense pour mieux fuir sa responsabilité.

Mais Steeve Briois n'est pas victime, il est coupable !

 

Il est vrai qu'il est coutumier de tels artifices qui désormais ne peuvent plus tromper. Il suffit pour s'en convaincre de se souvenir des amalgames honteux auxquels avec l'Alliance Républicaine il s'était livré lors des dernières municipales.

 

Monsieur Briois doit savoir qu'il ne suffit pas de provoquer les polémiques pour se targuer d'être irréprochable et se donner de la consistance. Plus que jamais, les Héninois et Beaumontois ont besoin d'élus compétents et non de politiciens pleurnichant. 

 

Avec cette condamnation, Steeve Briois s'inscrit dans la lignée de celles de Jean-Marie Le Pen. Mais que se passe t-il au FN ?  Rien de nouveau serions nous tentés de dire.

 

photo daylife.com

jeudi, 22 octobre 2009

Gérard Dalongeville - Une responsabilité morale irréfutable

dalongeville.jpgFaut-il voir dans ce hasard des calendriers un clin d'œil ? La  condamnation de Steeve Briois coïncide avec l'annulation de la suspension de Gérard Dalongeville.

Quoi qu'il en soit, et concernant cette seconde, le MoDem hénibeaumontois confirme que ce rebondissement a tout d'une très mauvaise plaisanterie qui ne peut faire oublier les trop nombreux rapports de la CRC et qui ravive la rancœur d'une population confrontée à de sérieuses difficultés, qui plus est si la motivation première de l'ancien maire était de nature pécuniaire.

 

Pour Christine COGET et Patrick PIRET, il importe que Gérard Dalongeville ne puisse se penser au-dessus des lois. Pour ce faire, il est vrai que les sanctions administratives ne peuvent être entachées de la moindre irrégularité, même sur le fond.

 

Mais ne nous y trompons pas, il est des condamnations parfois plus importantes que les décisions judiciaires : les condamnations morales. Et sur ce sujet, le MoDem n'en démordra pas : la responsabilité de Gérard Dalongeville dans le marasme héninois est irréfutable. Pour sa culpabilité, nous nous en remettons, comme pour Steeve Briois, aux décisions des tribunaux.

 photo Nord Eclair

mardi, 20 octobre 2009

Projet contre projet

Le tribunal administratif de Lille rendra très prochainement sa décision sur la demande en annulation de la suspension de Gérard Dalongeville.

 

Une décision dont chacun connaît l'importance puisque susceptible d'apporter une sérieuse indication quant aux probabilités d'un 2nd retour aux urnes hénibeaumontoises, ou pour Daniel Duquenne, de mener son mandat à terme.

 

Notons au passage que le lieu retenu par le FN pour implanter son siège de campagne des prochaines régionales ne relèvent en rien du hasard et lui permettrait de prétendre courir 2 lièvres à la fois.

 

Si les prochaines semaines permettent progressivement de lever les hypothèses, elles ne peuvent en revanche justifier un temps d'arrêt dans le combat politique à poursuivre et à renforcer contre le frontiste Steeve Briois.

 

Les plus optimistes argueront que l'enfant du pays a mangé le pain blanc offert l'été dernier par Gérard Dalongeville et qu'à force de le voir repasser le plat, il en perd sa saveur.

Il est heureux, en effet, d'observer que de nombreux abusés du 5 juillet trouvent maintenant le besoin de nous le signifier.

 

Hénin Beaumont dispose donc des atouts suffisants pour en finir avec ce passé. Un passé qu'il convient non pas d'oublier mais duquel il importe de s'extraire.

 

Les incompréhensions exprimées suite au retour de Georges Bouquillon au MRC de Jean Marie Alexandre ont été nombreuses. Les interrogations - car n'en déplaisent aux détracteurs qui aiment les travestir en insinuations les plus contestables (1) aussi.

 

Ce retour de Georges Bouquillon aux côtés de Jean Marie Alexandre nous ramène, quoi que l'on puisse en dire, à Gérard Dalongeville. Dés lors le risque d'une triangulaire permanente apparaît comme accepté (si ce n'est souhaité) (2) dans un contexte politique qui pourtant devrait conduire chaque démocrate et républicain à s'en éloigner !

 

C'est donc dés à présent qu'il appartient à chacun de s'engager pour qu'une telle éventualité ne puisse se produire.

Un engagement comme une invitation lancée à l'ensemble des responsables politiques locaux de :

 

-  mener chaque campagne "projet contre projet"

-  de s'effacer, le soir du 1er tour, en faveur du/de la candidat(e) républicain(e) et démocrate le/la mieux placé(e) pour s'en aller battre le parti d'extrême droite auquel appartient Steeve Briois.

 

Patrick PIRET

 

(1) Que les choses soient claires. La vie privée de George Bouquillon comme ses choix politiques lui appartiennent. Et si je m'interdis d'évoquer la première, les sous-entendus les plus perfides ne m'empêcheront pas de critiquer, et autant que je le juge nécessaire, les seconds.

(2) S'il est des femmes et des hommes, membres de l'Alliance Républicaine avec qui l'avenir de notre ville pourrait très sérieusement se réfléchir, il en est d'autres, avec qui, des compromis apparaissent, en l'état, fort difficilement envisageables. Non par rancœur, ni même pour une revanche à prendre. Il en va tout simplement de la cohérence entre notre discours et nos actes ainsi que, bien évidemment, du respect des électeurs !

mercredi, 07 octobre 2009

Situation de blocage dommageable ?

O0TCASGMDXLCAJ35TDYCAZ97K7ZCAHOEE3ECATZDPZRCAW4X8B2CA60GIC2CAE2A7FYCAMPNNV4CA6IU36ECAS4L3C5CAY4NGCICAFIM5CPCAZNERKJCAFEDVH5CAIOGTEQCAGFIBKYCAIJ0MT3CA435GZH.jpgL'annonce hier, dans les colonnes de la VDN, d'un possible rebondissement dans les affaires politiques hénibeaumontoises – en jeu, l'obtention d'une annulation de l'arrêté ministériel de suspension de Gérard Dalongeville – a tout d'une bien mauvaise plaisanterie.

S'il convient de laisser le temps aux puristes et aux juristes de défaire les nœuds de cet imbroglio, il est des conséquences qui dès aujourd'hui peuvent d'ores et déjà être échafaudées :

La décision que rendra prochainement le Tribunal Administratif de Lille fera, nous pouvons sérieusement le penser, l'objet d'un appel devant le Conseil d'Etat.

2 mois seraient alors nécessaires pour cette instance se prononcer. Sa décision, si elle venait à rendre caduc l'arrêté ministériel de suspension, placerait de nouveau l'Etat face à ses responsabilités.

Un gouvernement, désireux de ne pas perdre la face, s'engagerait dans une nouvelle mesure de suspension puis de révocation de Gérard Dalongeville. 2 mois supplémentaires au cours desquels la population se devrait de patienter pour elle retrouver le calme auquel elle aspire.

L'ensemble de ces procédures conduirait alors les hénibeaumontois, pour la 3ème fois en moins de 2 ans, à s'en retourner aux urnes, à partir de la mi-février prochain. La proximité de dates aidant, les élections régionales de mars 2010 pourraient donc revêtir à Hénin Beaumont un double enjeu.

Conséquences dommageables disions-nous puisque aux premiers pas scabreux de Daniel Duquenne s'en suivrait une période de troubles importants et surtout peu propice pour entamer les actions et démarches pourtant indispensables au redressement financier de la ville.

La Communauté d'Agglomération se retrouverait de nouveau orpheline de la ville la plus peuplée de son territoire. L'ambition de réelles politiques communautaires ne manquerait pas d'attendre pour s'exprimer.

Conséquences dommageables enfin pour des élections régionales ayant leur propre raison d'être. Le "oui" irlandais au traité de Lisbonne vient confirmer que dans un contexte particulier le sujet posé peut être motif à l'expression d'autres revendications.

S'il en était ainsi, nous ne serions que trop recommander à Daniel Duquenne de ne pas venir ajouter à cette ubuesque situation quelques procédures juridico-administratives supplémentaires.

Car si nous pourrions en effet comprendre l'existence d'un désenchantement chez celui qui, quelques mois après son élection, se verrait débarrasser de ses prérogatives, nous ne pourrions en revanche accepter que ce désappointement puisse primer sur l'intérêt des hénibeaumontois, et venir allonger inutilement une période de fortes instabilités.

Quoi qu'il en soit, cet énième rebondissement n'est pas sans poser la question suivante : pour faire quoi ?

L'intérêt pour Gérard Dalongeville d'un "honneur retrouvé", que pourrait lui conférer l'annulation de sa suspension, nous apparaît en effet bien mince pour un homme qui aura également à rendre compte de ses actes devant une juridiction autre qu'administrative.

D'ores et déjà, nous confirmons  notre engagement à ne pas laisser la population faire les frais de quelques marchés de dupes supplémentaires. Des marchés dont furent coutumiers, il y a peu encore, certains acteurs locaux.

jeudi, 01 octobre 2009

Politisation de la fonction publique

Ce qu'il est convenu d'appeler l'affaire Dalongeville sera indéniablement un procès politique. Bien sûr, l'ancien maire d'Hénin Beaumont ne pourra pour sa défense prétendre être la victime de "l'acharnement d'un homme". Bien sûr, l'impartialité du tribunal n'est pas à remettre en cause.

Non, ce procès sera politique de part l'exploitation à laquelle ne manqueront pas de se livrer … les représentants politiques.

Et il est évident que nous en serons. Il en va de la cohérence de l'engagement qui individuellement et collectivement nous anime au MoDem hénibeaumontois.

 

Le jugement de l'individu est certes nécessaire. Mais nous attendons autre chose de ce procès.

 

Nous pensons en effet que la responsabilité individuelle de Gérard Dalongeville dans la situation hénibeaumontoise, aussi importante soit-elle, n'aurait jamais pu pleinement s'exercer sans l'expression de complaisances involontaires ou savamment orchestrées, selon les avis qui ne manqueront pas d'être exposés.

 

Ce n'est pas un parti qu'il conviendra d'incriminer mais la mise en place depuis plusieurs décennies d'un système replié sur lui-même. La consanguinité politique conduit à l'appauvrissement des ressources humaines et épouse différentes formes de communautarismes, dont certaines excessives.

 

Martine Aubry, à juste raison, s'est prononcée sur France Inter ce 30 septembre contre la politisation de la fonction publique. Dés lors, on peut s'interroger qu'il en soit ainsi sur notre territoire.

De telles pratiques sont dommageables. Elle privilégie l'appartenance aux compétences qui, en s'effaçant, viennent à favoriser les dérives et les abus les plus inacceptables.

 

A suivre donc.

samedi, 26 septembre 2009

François Bayrou - l'invité de Jean-Michel Apathie

Invité de l'émission radio de Jean-Michel Apathie sur RTL, jeudi 24 septembre, François Bayrou a jugé qu'avec le projet de fiscalisation des indemnités pour accident du travail, le gouvernement cible une fois de plus "les plus fragiles" alors que ceux "au sommet de la pyramide" sont "protégés".

Il s'est aussi exprimé sur l'affaire Clearstream en cours, en épinglant "l'ambiguïté de la position de Nicolas Sarkozy" dans cette affaire, où il est à la fois "partie civile et garant de la justice", ce qui "est anormal".

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, François Bayrou.

François Bayrou : Bonjour.

Alain Duhamel a souligné le volontarisme du chef de l'Etat, hier, lors de son intervention télévisée, avant l'ouverture du G20. Ceci vous a-t-il convaincu, François Bayrou ?

Oui, c'était la mise en scène d'une action politique volontariste censée tout changer.

Vous êtes ironique !

La seule question qu'on se pose, c'est qu'est-ce qui change ? C'est les résultats qui manquent et je dirai que les résultats manquent de plus en plus.

Il y en aura peut-être, vendredi, des résultats puisque le chef de l'Etat parlait du G20 et de la réunion aujourd'hui à Pittsburgh.

On verra ! Il a beaucoup accentué sur les bonus des traders, comme on dit, c'est-à-dire des gens qui sont dans les salles de marché devant leurs ordinateurs ; mais pour moi, les traders ne sont pas la cause de la crise, ils en sont un symptôme mais pas du tout la cause de la crise. La cause de la crise c'est dans le mélange des genres des banques entre leur travail de protection de l'épargne du consommateur, des comptes en banque de vous, de moi et de tous ceux qui nous écoutent, et les risques insensés pris pour faire de la spéculation. C'est ce mélange-là, protection de l'épargne d'un côté et risques insensés : un jeu comme au casino de l'autre qui a entrainé de la crise. Est-ce qu'on porte remède à ça ? Jusqu'à maintenant, non. Et donc, c'est les résultats qui manquent et je voudrais bien que ce soit aux résultats qu'on s'intéresse.

Sur cette partie-là, on fera le point, demain soir, après le sommet du G20 à Pittsburgh. Le Président de la République a aussi évoqué beaucoup de problèmes de politique intérieure, il a notamment donné son accord au projet de soumettre à l'impôt les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale aux accidentés du travail. Nicolas Sarkozy a justifié ceci par le souci de l'équité fiscale. Pourriez-vous voter une telle mesure, François Bayrou ?

Sûrement pas. Sûrement pas, parce que ce que Nicolas Sarkozy - et l'UMP qui propose cette mesure - a oublié de dire qu'une personne qui est victime d'un accident du travail, c'est quelqu'un qui perd toute la partie de son salaire lié à l'activité, c'est-à-dire les primes, les heures supplémentaires, s'il en fait, et c'est une partie importante  du salaire sur bien des bulletins de salaire, et il perd 40% du salaire. Les indemnités pour accidents du travail, c'est si je ne me trompe pas, 60% du salaire pendant le premier mois. Eh bien, une personne qui perd toute la partie de l'activité liée à ces primes et 40% du salaire, simplement parce qu'il a été victime d'un accident pour aller à son travail, ou à son travail, il me semble qu'il ne devrait pas être la cible de : impôts nouveaux, et c'est lui qu'on va charger. Vous voyez...

L'argument de l'équité ne vous convient pas ?

Non. Tout se passe comme si en France, c'était toujours les plus fragiles qu'on ciblait. Les accidentés du travail, les mères de famille à qui on a annoncé, je ne sais pas si ça se fera, qu'on supprimait l'allocation pour élever des enfants...

C'est la Cour de Cassation qui a demandé une modification de la législation.

Non, non, pas du tout... Absolument pas. Là, vous évoquez les retraites des mères de famille...

Ah oui, pardon.

Et j'évoquais l'allocation pour éducation des jeunes enfants pendant les trois premières années. Mais ceux qui sont au sommet de la pyramide, ceux qui ont de très gros salaires, ceux qui ont des revenus et des patrimoines très importants, ceux-là sont protégés par la loi, ceux-là, on a décidé une fois pour toutes qu'on ne leur demanderait aucun effort. Et c'est ce déséquilibre-là, les plus fragiles ou en tout cas, ceux qui ne le méritent pas, ciblés et au contraire, les plus privilégiés protégés que je trouve anormal.

Alain Duhamel le notait, c'est un mot qui, aujourd'hui, est beaucoup commenté. Le Président de la République a utilisé le mot de "coupable" pour désigner les personnes actuellement jugées dans le procès Clearstream. Lapsus ou pas ? Comment avez-vous entendu, reçu ce mot ?

Ah, monsieur Freud aurait dit que c'était un lapsus révélateur. Et révélateur de quoi ? Révélateur de l'ambiguïté de la position qui est celle de Nicolas Sarkozy dans cette affaire. Il est à la fois, partie civile, c'est-à-dire celui qui a déposé plainte et qui se plaint et le garant de la justice, et même le supérieur hiérarchique du Parquet. Eh bien, ce déséquilibre-là, cette position anormale, elle ne devrait pas être acceptée dans une république qui a des principes.

Vous savez, le Président de la République ne peut même pas être appelé comme témoin devant un tribunal. Il ne peut pas être poursuivi quelque soient les faits qui lui sont reprochés. Il ne peut même pas être appelé ! Il me semble qu'il y a là un déséquilibre qui fait que naturellement, la situation qui est la sienne n'est pas normale.

Et si c'est un lapsus, après tout ça arrive à tout le monde des lapsus  !

Ca arrive à tout le monde.

Ca n'est pas plus grave que cela. La Justice de votre point de vue, peut rendre tout de même ou faire tout de même sereinement son travail ?

Ah j'espère que la Justice est suffisamment indépendante, que les magistrats sont suffisamment indépendants pour ne pas être, comment dirais-je, influencés par une décision de cet ordre. Mais c'est totalement anormal que quelqu'un puisse être partie civile et en même temps, supérieur hiérarchique de magistrats présents dans cette enceinte, des magistrats du Parquet, et en même temps garants à la tête du Conseil supérieur de la Magistrature de tous les magistrats de France.

Le Président de la République a aussi évoqué l'évacuation des immigrés à Calais, mardi. Eric Besson, à votre place, justifiait cette opération par la nécessité de faire appliquer, partout sur le territoire, la loi républicaine. Comprenez-vous comme cela, François Bayrou ?

J'aimerais bien que ce soit ça. Mais annoncer plusieurs jours à l'avance, une opération de police, ça veut dire que vous dites aux passeurs, aux trafiquants : échappez-vous ! Et deuxièmement, cette "jungle", comme on dit, puisque c'est le nom qu'on a donné à cet espace horrible dans lequel ils étaient, ça fait suite à Sangatte. Eh bien, vous vous souvenez Sangatte ? On avait mis en scène, on avait dit que : plus jamais ! Ce qui est frappant, c'est que la jungle c'était pire que Sangatte et que ce qu'on risque d'avoir ça risque d'être pire encore que la jungle.

Il ne fallait pas évacuer ?

Non, il faut garantir des conditions de propreté et de sécurité telles qu'il n'y ait pas d'espace hors droit sur le territoire national ; et dans cet espace qui serait un espace garanti et sûr, alors on pourrait faire œuvre de police, ce qui est nécessaire.

Alba Ventura, journaliste au service "Politique" de RTL, a recueilli une confidence qu'elle n'a pas pu vérifier. Donc je vais le faire en direct, François Bayrou : vous discuteriez avec Georges Frèche, d'une éventuelle alliance pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon !

Eh bien je n'ai pas rencontré Georges Frèche depuis au moins cinq ans.

Et personne, chez vous, ne le rencontre ?

Et personne chez moi, ne le rencontre.

Pas d'alliance MoDem - Georges Frèche ?

Personne, chez moi, ne le rencontre. Je veux dire clairement à tous ceux qui spéculent sur des conversations souterraines, qu'il n'y a pas de conversations souterraines sur ces affaires de régionales et qu'il est clair que ce sera une décision de l'ensemble de notre mouvement, le jour où nous mettrons la question de la stratégie pour les régionales, à l'ordre du jour.

Les pendules sont à l'heure ! François Bayrou était l'invité de RTL, ce matin. Bonne journée.

 

vendredi, 21 août 2009

Gérard Dalongeville reste en prison.

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Nord Eclair sur le Net jeudi 20 août 2009 : "La cour d'appel de Douai a infirmé cet après-midi l'ordonnance de remise en liberté prononcée par le juge des libertés, vendredi dernier à Béthune. En clair, Gérard Dalongeville, actuellement en détention préventive dans le cadre d'une affaire de corruption, restera incarcéré. L'ex maire d'Hénin-Beaumont avait eu l'espoir d'une libération la semaine dernière, mais le parquet de béthune avait immédiatement fait appel. La décision de la Cour d'appel de Douai donne donc raison au ministère public qui voulait le maintien en détention de l'ancien maire socialiste.

Mis en examen pour détournement de fonds publics, faux en écriture, favoritisme et corruption passive, Gérard Dalongeville était arrivé au palais de justice de Douai dans la voiture des gendarmes, menotté."

 

Au-delà de cette information, permettons-nous un commentaire de la situation.

D'un point de vue personnel tout d'abord, contrairement à ce que l'on nous avait annoncé, Gérard Dalongeville ne paraît pas physiquement diminué, malgré les 4 mois et demi de détention. De cela, nous pouvons nous réjouir, au regard des conditions de vie des détenus dans les prisons françaises.

Psychologiquement, rien ne transparaît, mis à part un regard beaucoup moins appuyé et méprisant. Je donnerai beaucoup, par contre, pour connaître son analyse de la situation depuis ce 7 avril, jour de son arrestation. Tant de choses ont changé en si peu de temps. Tout s'est enchaîné à une vitesse folle, et de son statut de maire, il ne reste plus rien. S'il pouvait en être autant des problèmes financiers rencontrés à Hénin Beaumont par sa faute ! ...

Politiquement, cette prolongation de détention provisoire interpelle pourtant. On peut s'interroger sur les raisons juridiques mises en avant. Peut-être Dalongeville n'a-t-il pas tout dit? Continue-t-il à "protéger" certaines de ses relations, et si oui, dans quel but ?

Quoi qu'il en soit, l'instruction n'est pas encore terminée, et il est fort à parier que certains, malgré la liberté dont ils jouissent encore, doivent regretter depuis avril, leurs nuits d'avant les insomnies...

Photo VDN

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