vendredi, 09 octobre 2009
Le choix étrange de l'adjointe aux affaires scolaires
Le choix de Rose-Marie Slaviéro, la nouvelle adjointe aux affaires scolaires qui a succédé à Yvelise Dufresnes, démissionnaire, fait déjà grincer des dents dans la ville et au sein du monde enseignant.
La nouvelle adjointe aux affaires scolaires aura-t-elle le temps de se consacrer à son mandat ? On peut en douter quand on se souvient que le 2 décembre 2008, à peine installée dans son mandat de conseillère municipale d'opposition, Rose-Marie Slaviéro démissionnait pour laisser la place à Georges Bouquillon.
"Je suis consciente donc qu’être Conseiller municipal est un honneur qui suppose des devoirs. Devoir de compétence, d’intégrité et tout simplement le devoir de répondre aux attentes des citoyens. [...] Depuis quelques mois, je dois cependant et malheureusement affronter des difficultés personnelles et familiales importantes.
Consciente de la responsabilité de mes engagements et n’ayant pas vocation à fuir ou à exercer mon mandat de Conseiller municipal par procuration, il me semble honnête, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, de vous informer dès ce soir, de mon intention de vous adresser rapidement un courrier vous faisant part de ma démission.
Je tiens à préciser que c’est totalement libre et sans avoir subi l’influence de qui que ce soit que je suis amenée à prendre cette décision."
Il est heureux que Rose-Marie Slaviéro qui n'avait pas le temps pour être conseillère municipale ait subitement trouvé le temps pour être adjointe... Certains auraient pu penser que Georges Bouquillon, prêt à tout pour revenir au conseil municipal, n'était pas étranger à cette démission forcée...
Quoi qu'il en soit, le choix de Rose-Marie Slaviéro n'en finit pas de faire des vagues dans le milieu enseignant. Connue pour ses convictions très ancrées à droite - bien loin de l'image officielle d'une Alliance Républicaine "divers-gauche" -, la nouvelle adjointe aux affaires scolaires a fait toute sa carrière dans l'enseignement privé. Notoirement proche de Steeve Briois, la nouvelle adjointe aux affaires scolaires fait partie de ces élus de l'Alliance Républicaine qui entretiennent des relations plus que cordiales avec l'extrême-droite.
Ce choix étrange de l'adjointe aux affaires scolaires a de quoi inquiéter. Il ne peut s'expliquer que par la faiblesse de l'équipe de Daniel Duquenne, qui, on le rappelle, a refusé toute fusion de liste entre les deux tours pour s'accaparer toutes les places...
Vigilante, l’association « Un Nouvel Elan pour Hénin-Beaumont » se montrera attentive aux décisions qui seront prises et qui engageront l'avenir des enfants de la commune.
01:54 Publié dans Un Nouvel Elan pour Hénin Beaumont | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : briois, slaviéro, éducation, hénin beaumont, démission, alliance républicaine
jeudi, 08 octobre 2009
Donner de l'argent aux élèves en difficulté ?
Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate et ancien ministre de l'Education nationale, réagit sur le projet de donner de l'argent aux élèves en difficulté pour qu'ils aillent en classe.
François Bayrou y voit "une dérive inacceptable, un incroyable déplacement des valeurs de nature à troubler encore un peu plus les repères des enfants", ajoutant qu'avec ce gouvernement, "la France est entrée dans le cercle des pays qui considèrent que l'argent est la valeur prédominante".
JDD : Donner de l’argent pour que les élèves aillent en classe, c’est une solution ?
François Bayrou : C’est une histoire de dingue. Une dérive inacceptable, un incroyable déplacement des valeurs de nature à troubler encore un peu plus les repères des enfants. A l’école, l’argent ne devrait pas avoir droit de cité. L’école pour les familles est le ieu où ce qui compte n’est pas l’argent mais le savoir, le respect et l’autorité. Au fond, on en arrive à considérer que l’assiduité à l’école n’est pas une chance offerte à l’enfant, mais une attitude à récompenser. On ne peut pas fausser l’esprit des élèves à ce point. Dès l’instant où un tel principe est accepté, on peut craindre qu’il ne soit généralisé. Les enfants diront: "je ne viens pas parce que tu ne me donnes pas de thune!"
N’est-ce pas déjà trop tard ?
Je me bats pour que la société ne soit pas asservie à l’argent, spécialement à l ’école. Nous sommes entrés dans un modèle de société où l’argent est considéré comme maître et seigneur. C’est comme si, au sein d’une famille, un parent disait à son enfant: "je te donnerai de l’argent si tu acceptes de venir manger à table ou de prendre une douche". Ils sont devenus fous !
N’est-ce pas la conséquence des précédentes politique d’éducation ?
Ce n’est pas vrai. Il y a quinze ans, l’école n’était pas dans cet état. Quand j’étais ministre de l’Education, 15% des enseignants disaient vouloir changer de métier ; aujourd’hui, ils sont 65 %. Je ne dis pas que c’était grâce à moi, mais les choses se sont vraiment dégradées. Je ne jette la pierre à personne, c’est difficile de diriger l’Education nationale.
Nicolas Sarkozy entend "mener une guerre sans merci contre les décrocheurs…"
Il faut livrer la bataille contre l’abandon des jeunes du système scolaire mais je ne suis pas sûr qu’il faille utiliser des termes aussi violents. Depuis des années, on passe son temps à tenir des discours va-t-en-guerre et en même temps tout s’aggrave dans les prisons, les banlieues, l’école.
Cela vous étonne-t-il que Martin Hirsch, haut-commissaire à la Jeunesse, cautionne ces mesures ?
De ce gouvernement-là, rien ne m’étonne. Avec eux, la France est entrée dans le cercle des pays qui considèrent que l’argent est la valeur prédominante. J’imaginais que Martin Hirsch ne serait pas partie prenante de ce système. Cela prouve que c’est tout le gouvernement qui va dans ce sens.
Est-ce pour vous une mesure symbolique du sarkozysme ?
Je ne vois pas par quel chemin un responsable de la République française peut en arriver à ce genre de réflexion. Ce sont des raisonnements courants dans la société britannique ou américaine, mais le principe est inacceptable en France. Tous les jours, l’école est contaminée par l’argent : ainsi les leçons particulières se généralisent, elles sont même déductibles des impôts, et rares sont les étudiants qui, aujourd’hui, réussissent le concours de médecine sans avoir recours à des "écuries d’entraînement". Il y a un moment où notre pays doit choisir son cap.
01:29 Publié dans Le MoDem | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, éducation, modem, hirsch, sarkozy


