jeudi, 08 octobre 2009
Donner de l'argent aux élèves en difficulté ?
Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate et ancien ministre de l'Education nationale, réagit sur le projet de donner de l'argent aux élèves en difficulté pour qu'ils aillent en classe.
François Bayrou y voit "une dérive inacceptable, un incroyable déplacement des valeurs de nature à troubler encore un peu plus les repères des enfants", ajoutant qu'avec ce gouvernement, "la France est entrée dans le cercle des pays qui considèrent que l'argent est la valeur prédominante".
JDD : Donner de l’argent pour que les élèves aillent en classe, c’est une solution ?
François Bayrou : C’est une histoire de dingue. Une dérive inacceptable, un incroyable déplacement des valeurs de nature à troubler encore un peu plus les repères des enfants. A l’école, l’argent ne devrait pas avoir droit de cité. L’école pour les familles est le ieu où ce qui compte n’est pas l’argent mais le savoir, le respect et l’autorité. Au fond, on en arrive à considérer que l’assiduité à l’école n’est pas une chance offerte à l’enfant, mais une attitude à récompenser. On ne peut pas fausser l’esprit des élèves à ce point. Dès l’instant où un tel principe est accepté, on peut craindre qu’il ne soit généralisé. Les enfants diront: "je ne viens pas parce que tu ne me donnes pas de thune!"
N’est-ce pas déjà trop tard ?
Je me bats pour que la société ne soit pas asservie à l’argent, spécialement à l ’école. Nous sommes entrés dans un modèle de société où l’argent est considéré comme maître et seigneur. C’est comme si, au sein d’une famille, un parent disait à son enfant: "je te donnerai de l’argent si tu acceptes de venir manger à table ou de prendre une douche". Ils sont devenus fous !
N’est-ce pas la conséquence des précédentes politique d’éducation ?
Ce n’est pas vrai. Il y a quinze ans, l’école n’était pas dans cet état. Quand j’étais ministre de l’Education, 15% des enseignants disaient vouloir changer de métier ; aujourd’hui, ils sont 65 %. Je ne dis pas que c’était grâce à moi, mais les choses se sont vraiment dégradées. Je ne jette la pierre à personne, c’est difficile de diriger l’Education nationale.
Nicolas Sarkozy entend "mener une guerre sans merci contre les décrocheurs…"
Il faut livrer la bataille contre l’abandon des jeunes du système scolaire mais je ne suis pas sûr qu’il faille utiliser des termes aussi violents. Depuis des années, on passe son temps à tenir des discours va-t-en-guerre et en même temps tout s’aggrave dans les prisons, les banlieues, l’école.
Cela vous étonne-t-il que Martin Hirsch, haut-commissaire à la Jeunesse, cautionne ces mesures ?
De ce gouvernement-là, rien ne m’étonne. Avec eux, la France est entrée dans le cercle des pays qui considèrent que l’argent est la valeur prédominante. J’imaginais que Martin Hirsch ne serait pas partie prenante de ce système. Cela prouve que c’est tout le gouvernement qui va dans ce sens.
Est-ce pour vous une mesure symbolique du sarkozysme ?
Je ne vois pas par quel chemin un responsable de la République française peut en arriver à ce genre de réflexion. Ce sont des raisonnements courants dans la société britannique ou américaine, mais le principe est inacceptable en France. Tous les jours, l’école est contaminée par l’argent : ainsi les leçons particulières se généralisent, elles sont même déductibles des impôts, et rares sont les étudiants qui, aujourd’hui, réussissent le concours de médecine sans avoir recours à des "écuries d’entraînement". Il y a un moment où notre pays doit choisir son cap.
01:29 Publié dans Le MoDem | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, éducation, modem, hirsch, sarkozy
mercredi, 07 octobre 2009
Situation de blocage dommageable ?
L'annonce hier, dans les colonnes de la VDN, d'un possible rebondissement dans les affaires politiques hénibeaumontoises – en jeu, l'obtention d'une annulation de l'arrêté ministériel de suspension de Gérard Dalongeville – a tout d'une bien mauvaise plaisanterie.
S'il convient de laisser le temps aux puristes et aux juristes de défaire les nœuds de cet imbroglio, il est des conséquences qui dès aujourd'hui peuvent d'ores et déjà être échafaudées :
La décision que rendra prochainement le Tribunal Administratif de Lille fera, nous pouvons sérieusement le penser, l'objet d'un appel devant le Conseil d'Etat.
2 mois seraient alors nécessaires pour cette instance se prononcer. Sa décision, si elle venait à rendre caduc l'arrêté ministériel de suspension, placerait de nouveau l'Etat face à ses responsabilités.
Un gouvernement, désireux de ne pas perdre la face, s'engagerait dans une nouvelle mesure de suspension puis de révocation de Gérard Dalongeville. 2 mois supplémentaires au cours desquels la population se devrait de patienter pour elle retrouver le calme auquel elle aspire.
L'ensemble de ces procédures conduirait alors les hénibeaumontois, pour la 3ème fois en moins de 2 ans, à s'en retourner aux urnes, à partir de la mi-février prochain. La proximité de dates aidant, les élections régionales de mars 2010 pourraient donc revêtir à Hénin Beaumont un double enjeu.
Conséquences dommageables disions-nous puisque aux premiers pas scabreux de Daniel Duquenne s'en suivrait une période de troubles importants et surtout peu propice pour entamer les actions et démarches pourtant indispensables au redressement financier de la ville.
La Communauté d'Agglomération se retrouverait de nouveau orpheline de la ville la plus peuplée de son territoire. L'ambition de réelles politiques communautaires ne manquerait pas d'attendre pour s'exprimer.
Conséquences dommageables enfin pour des élections régionales ayant leur propre raison d'être. Le "oui" irlandais au traité de Lisbonne vient confirmer que dans un contexte particulier le sujet posé peut être motif à l'expression d'autres revendications.
S'il en était ainsi, nous ne serions que trop recommander à Daniel Duquenne de ne pas venir ajouter à cette ubuesque situation quelques procédures juridico-administratives supplémentaires.
Car si nous pourrions en effet comprendre l'existence d'un désenchantement chez celui qui, quelques mois après son élection, se verrait débarrasser de ses prérogatives, nous ne pourrions en revanche accepter que ce désappointement puisse primer sur l'intérêt des hénibeaumontois, et venir allonger inutilement une période de fortes instabilités.
Quoi qu'il en soit, cet énième rebondissement n'est pas sans poser la question suivante : pour faire quoi ?
L'intérêt pour Gérard Dalongeville d'un "honneur retrouvé", que pourrait lui conférer l'annulation de sa suspension, nous apparaît en effet bien mince pour un homme qui aura également à rendre compte de ses actes devant une juridiction autre qu'administrative.
D'ores et déjà, nous confirmons notre engagement à ne pas laisser la population faire les frais de quelques marchés de dupes supplémentaires. Des marchés dont furent coutumiers, il y a peu encore, certains acteurs locaux.
01:36 Publié dans Le MoDem | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : dalongeville, justice, cahc, élections régionales, duquenne, hénin beaumont
mardi, 06 octobre 2009
La fin ne justifie pas tous les moyens
"Deux des plus fermes adversaires de cette stratégie suicidaire étaient C. Coget et P. Piret et ils avaient bien raison."
Par ses propos, G. Bouquillon admet n'avoir jamais été convaincu de la pertinence d'une opposition à Gérard Dalongeville telle que celle menée par David Noël à l'intérieur de l'ancienne majorité municipale. Par ses mêmes propos, Georges Bouquillon reconnaît donc aussi le rôle d'opposant que ce dernier exerça. En ce sens, il rejoint Steeve Briois qui, il y a peu, concédait aussi à Pierre Ferrari d'avoir été l'un des adversaires à Gérard Dalongeville, dés ce dernier élu.
Nous sommes désormais bien loin des discours de campagne tapageurs et hargneux de Daniel Duquenne et des frontistes.
Il n'y a plus guère que le retors Jean Pierre Chruszez sur le retour pour vous jurer de l'existence d'éloquentes collaborations avec son cicérone. C'est là une bien pitoyable défense que celle chantonnée sur l'air du "on est tous coresponsable".
JP Chruszez n'a rien perdu de son talent de maître embobineur.
C'est ainsi, que dans la VDN de ce 5 octobre, l'apprenti argentier nous livre sa plaidoirie : sa compétence n'ayant pas suffi pour convaincre Gérard Dalongeville de l'inopportunité de certaines actions, il s'en alla présenter en Conseil Municipal un rapport de la CRC puis le budget…
Le "je t'aime moi non plus" de Jean Pierre Chruszez est véritablement exceptionnel. Il nous confesse sa connaissance des faits et pour autant jamais l'idée, si ce n'est de démissionner mais de dénoncer ne sera, au moins une fois, venue l'interpeller…
Les "spectateurs" des conseils municipaux n'auront pourtant aucune difficulté à se souvenir d'un Jean Pierre Chruszez virtuose justifiant l'injustifiable, dans une ambiance d' "hilarité" générale.
Mais notre JPC local nous gratifie toutefois d'une bonne nouvelle : à ce jour il n'a plus vraiment envie de faire de la politique… A ce jour… Quel crédit donner aux paroles d'un homme politique qui manifestement n'a jamais su gérer celui qu'une majorité d'hénibeaumontois lui avait en toute confiance légué ?
Reconnaissons-lui également le mérite de s'être essayé à l'apport d'un démenti aux propos venant de divers horizons, tous l'accablant.
Certains, sur des sujets différents mais tout aussi symptomatiques de graves dérives politiciennes, s'y refusent toujours. Ce sont ceux là même qui à force de rédiger des scenarii les plus invraisemblables, contribuent, bien malgré eux, à rétablir quelques vérités.
02:33 Publié dans Le MoDem | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bouquillon, noël, ferrari, dalongeville, briois, duquenne, chruszez, hénin beaumont
lundi, 05 octobre 2009
Salon du mariage
Article paru le 4 octobre dans la VDN
L'espace Mitterrand réquisitionné pour cause de grippe A, c'est l'union sacrée pour sauver le Salon du mariage !
Et pourtant, c'est arrivé. Vendredi soir, Alliance républicaine, MoDem, FN, MJS, avaient mis sous le boisseau leurs animosités coutumières pour préserver le salon du mariage. Ce dernier, prévu mi-janvier est compromis en raison de la réquisition de la salle Wilquin de l'espace Mitterrand pour quatre mois, à compter de la mi-octobre. Une mesure prise cette semaine par la préfecture dans le cadre de la prévention de la grippe A. En cas de pandémie, 73 000 vaccins seraient administrés aux habitants d'Hénin et alentours sur ce laps de temps.
Dégât collatéral, le salon du mariage saute. Illico presto, Olivier et Virginie Duquesnoy, les organisateurs, ont donc réuni commerçants, élus et responsables politiques à leur Atelier photographique pour trouver un plan B. « Le salon du mariage c'est 6 000 visiteurs en deux jours et 45 stands. Il fait vivre Hénin-Beaumont et beaucoup de commerçants, rappelle un Olivier Duquesnoy alarmiste. Il y en a qui ne se relèveront pas, on va se battre pour eux ».
Le gros des formations politiques héninoises soudé dans un même combat ? Un cas de figure que beaucoup n'auraient jamais imaginé. ...
Solutions de repli
Les solutions de repli échafaudées par les commerçants ne collent pas. Un chapiteau ? Trop cher. Les locaux de Sublistatic ? Hors de prix. La concession Renault ? Impossible. Décaler les dates du salon à février ? Niet, répond O. Duquesnoy. « Tous les grands salons de la région ont eu lieu. C'est l'époque où les gens passent commande. » Partisan de maintenir le salon à Hénin, Steeve Briois suggère que les vaccinations aient lieu au Cèdre bleu (en liquidation judiciaire). « Il appartient à la ville, est assez vaste pour accueillir beaucoup de personnes. Il faut insister vigoureusement auprès de la préfecture. » « Ce n'est pas une solution viable, objecte Ernest Binaisse, premier adjoint. Le liquidateur a toujours possibilité de le vendre. »
Délocatisation ?
Patrick Piret (MoDem) suggère « d'élargir la gamme des possibles. Pourquoi pas délocaliser ? » Curieusement, chaque responsable se tourne vers la ville vers laquelle il a des alliés. Guy Delcourt et Lens ont les faveurs de Pierre Ferrari, Jean Urbaniak et Noyelles celles de Patrick Piret. Cette idée est d'ailleurs la plus consensuelle. Même si elle pose problème pour le stationnement.
De son côté, Éric Bessan, commerçant oigninois, a pris attache avec la mairie de Dourges. « Ils sont d'accord pour prêter une salle mais ils veulent que le salon y reste l'année suivante. Ils ne veulent pas servir de roue de secours. » Hors de question de laisser la belle s'envoler, arbitrent les adjoints au maire.
Alors ? Alors, les élus, forts du soutien des politiques, ont promis de réétudier le problème avec la préfecture demain. Les participants se retrouveront en soirée. Sans illusions excessives. « De toute façon ce sera la solution la moins pire », observe Patrick Piret
C. L. C.
09:19 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : manifestations, piret, binaisse
Plan d'action pour la jeunesse
Nicolas Sarkozy a présenté, mardi dernier, son plan « Agir pour la Jeunesse ». Le Mouvement Démocrate s'étonne qu'il ne comporte qu'une dizaine de mesures, sur les cinquante sept développées dans le Livre Vert. Le saupoudrage de centaines de millions d'euros ne suffit pas à déterminer une politique de Jeunesse ambitieuse.
Une fois encore, le président de la République réduit presque essentiellement les questions de Jeunesse à l'emploi et à la formation. Est-ce sa manière de reconnaître que le plan pour l'emploi des jeunes, présenté en avril 2009, a échoué ? La cohérence d'ensemble du Livre Vert de Martin Hirsch est éludée, au profit de mesures disparates, qui s'apparentent à un saupoudrage électoraliste. Ce prisme déformant ne permet en aucun cas de bâtir une politique de Jeunesse globale et ambitieuse.
Si la réforme de l’orientation et le développement du service civil semblent manifester une bonne intention, plusieurs mesures n’apportent pas d’améliorations suffisantes. L’extension du RSA aux 18-25 ans qui ont travaillé deux ans à temps plein sur les trois dernières années, ne permet pas de toucher les jeunes en grande précarité, qui multiplient l’intérim et les temps partiels, sans certitude sur leur lendemain. Le versement d’un 10 e mois de bourse ne servira qu’à financer l’extension de la durée des formations, ramenées elle aussi à 10 mois, sans améliorer les conditions de vie des étudiants.
La priorité semble être de donner coûte que coûte un travail aux 150 000 décrocheurs – et non 100 000 comme énoncé par Nicolas Sarkozy – mais aucune piste n’est évoquée pour anticiper et éviter le décrochage. La dotation d’autonomie, limitée à l’expérimentation, nécessite que les parents acceptent de renoncer à leurs aides sociales. Quid des situations de rupture et des conflits familiaux ? Quant à l’Erasmus des apprentis, il n’a rien d’innovant : celui-ci a été annoncé fin 2008 et correspond à une remise à plat du programme Léonardo déjà existant.
Le Mouvement Démocrate estime qu’une politique de Jeunesse ambitieuse doit désormais se concevoir de la petite enfance à l’insertion stable dans la vie active, et non se limiter uniquement aux 16-25 ans, comme le laisse entendre Nicolas Sarkozy. Faut-il rappeler que les premières années de vie sont déterminantes dans la préparation à l’autonomie, dans l’éveil à la créativité, tout comme dans l’acquisition du goût d’apprendre et d’entreprendre ?
Au regard de ce plan, le MoDem s’interroge : où est la cohérence d’ensemble ? L’immédiateté prend chaque fois le dessus sur la déclinaison d’un véritable projet de société, qui orienterait les politiques publiques sur les dix prochaines années. La construction de soi et le bien-être des jeunes sont totalement absents du débat. Le chef de l’Etat se contente de semer les millions d’euros, sans trop sembler savoir ce qu’il va récolter.
01:05 Publié dans Le MoDem | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, modem, hirsch, jeunesse


