vendredi, 16 octobre 2009

Le FN en extrême difficulté - acte 3

Les comptes du parti dans le rouge à toutes les colonnes

POLITIQUE - Les finances du Front National sont dans le rouge...

Ça fuit de partout. En dix ans, le Front national a vu ses ressources fondre comme neige au soleil. Explications.

Subventions d'Etat : - 2,7 millions d'euros par an On ne donne qu'aux riches... en nombre de voix. Et ça tombe mal pour Jean-Marie Le Pen. Comme tous les partis, le FN perçoit chaque année une subvention d'Etat en fonction de son score aux dernières élections législatives. Celui de 2002 (11,3 %) permettait au FN de toucher 4,5 millions d'euros par an. Mais la cinglante défaite de 2007 (4,3 %) a fait chuter la somme : le FN ne perçoit plus désormais de l'Etat que 1,8 million d'euros par an. Pire, cette somme pourrait être saisie l'an prochain par Fernand Le Rachinel si le FN ne lui a toujours pas remboursé sa dette d'ici là.

Adhérents : 25 000 fidèles de moins « Près de 75 000 adhérents», annonce le nouveau site Internet du FN. En fait, « seuls 15 000 à 18 000 adhérents sont à jour de cotisation », avoue Wallerand de Saint-Just. Il y a dix ans, ils étaient 42 000. A 50 euros la carte du parti, la différence s'élève à plus d'un million d'euros.

Le Carré à Nanterre : « 600 000 euros de pénalités » Quand le Front national a déménagé son siège de Saint-Cloud à Nanterre (Hauts-de-Seine), Jean-Marie Le Pen n'avait pas encore perdu ses illusions. A l'époque, le Carré de Nanterre a été loué avec une option d'achat. « Rapidement, Le Pen a vu qu'il ne pourrait jamais acheter le bâtiment. Pour non-respect de l'option d'achat, il a dû verser 600 000 euros de pénalités en deux fois », indique un ex-membre du bureau exécutif. 

V.V

jeudi, 15 octobre 2009

Le FN en extrême difficulté - acte 2

Une quarantaine d'élus ont décidé de quitter le navire

Divorce et séparation des biens. En claquant la porte du FN en janvier dernier, Carl Lang est parti avec une quarantaine d'élus frontistes. Et surtout avec la moitié de leur dot. Historiquement, le Front national a toujours réclamé 50 % des indemnités à chacun de ses conseillers régionaux, soit 380 euros par mois. Le deal était même inscrit noir sur blanc sur de jolis contrats. Pour être investi par le parti, le candidat devait s'engager à apporter son obole s'il était élu. « C'était une sorte d'engagement moral, de reconnaissance de dette, se souvient Carl Lang. Sauf que c'était totalement illégal... »

Le premier à s'en être rendu compte s'appelle Michel Nys. Conseiller Front national à la région Nord-Pas-de-Calais, il a dénoncé la manoeuvre devant les tribunaux dans les années 1990. Depuis, deux autres de ses ex-collègues ont suivi l'exemple.

La quarantaine d'élus qui ont accompagné Carl Lang en janvier dernier au sein du tout nouveau Parti de la France n'ont pas eu besoin de saisir la justice. Ils ont simplement stoppé leurs versements au parti. Vexé, Jean-Marie Le Pen a décidé d'exclure ces félons. Perdant au passage les 180 000 euros de ressources qu'ils apportaient chaque année.

V. V.

Le FN en extrême difficulté - acte 1

4 articles parus dans le journal "20 minutes" du 12 octobre mettent en exergue les difficultés financières et les déboires du FN. 2 feront l'objet d'une diffusion ce jour, le 3ème et le 4ème seront mis en ligne demain. L'argumentaire développé par le quotidien est suffisament explicite pour appréhender quelques-unes des contradictions propres au parti d'extrême-droite que nous avons ici dénoncées. Cette situation d'un FN en extrême difficulté pourrait expliquer le regain de virulence chez certains de ses représentants.

 

Le paquebot FN est devenu une vraie galère

 

POLITIQUE - Le report de la vente du siège du parti d’extrême droite illustre ses déboires financiers...

Les parts du «Paquebot» saisies

Fernand Le Rachinel commence à trouver le temps long. Ancien élu FN, cet imprimeur normand de 67 ans a prêté plus de six millions d'euros à Jean-Marie Le Pen. C'était en 2007. Le président du FN avait promis de le rembourser après la victoire aux législatives. Ce fut une lourde défaite (4,3 %). Incapable de récupérer son dû, Fernand Le Rachinel a déchiré sa carte du parti et saisi la justice. En février dernier, le FN a été condamné en appel à rembourser sa dette plus les intérêts (6,9%).

La facture s'élève à près de sept millions d'euros. «Mais on n'a toujours pas vu la couleur d'un centime», s'énerve Robert Apéry, l'avocat du créancier. Décrit comme quelqu'un de «conciliant», l'imprimeur est donc devenu exigeant. Il a saisi les parts du «Paquebot» que le FN possède. En clair, si le parti n'arrive pas à vendre le bâtiment, Le Rachinel va s'en charger lui-même. Et à son prix. «Nous vérifions les derniers détails juridiques. Mais, dès janvier, nous comptons vendre aux enchères les parts du Front national jusqu'à obtenir le remboursement de la créance», poursuit Robert Apéry. «Il peut toujours essayer, rétorque Wallerand de Saint-Just. On verra bien s'il trouve des amateurs...»

«Allez planter des tomates»

Pour le politologue Jean-Yves Camus, cette affaire est l'illustration même «du fonctionnement antidémocratique du Front national». Au lendemain de la déroute électorale de 2007, plusieurs cadres du parti avaient déjà conseillé à Jean-Marie Le Pen de vendre «son Paquebot». «Plutôt que de dire ça, vous feriez mieux d'aller planter des tomates !», leur avait alors rétorqué le leader du parti. Deux ans après, c'est pourtant lui qui continue de récolter les ennuis.

Le «Paquebot» reste le bec dans l'eau. Etranglé par une dette de huit millions d'euros, le Front national n'est toujours pas parvenu à vendre son siège historique de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Prévue le mardi 29 septembre, la vente aux enchères du bâtiment de 5.200 m2 a été reportée sine die. «Le Front national ne communique plus sur ce sujet, répond, agacé, Wallerand de Saint-Just, avocat et vice-président du parti. Mais il faut bien reconnaître que nous n'avons jamais reçu d'offre claire accompagnée d'un chèque!»

  

Vincent Vantighem

mercredi, 14 octobre 2009

Reconstruire une France équilibrée

Dans un entretien accordé au quotidien "Le Monde" daté du 11-12 octobre, François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, s'exprime sur l'état actuel de la France.

Prix Nobel à Barack Obama, gouvernance de Nicolas Sarkozy, affaire Mitterrand, dette et déficits, suppression de la taxe professionnelle, les perspectives relatives aux élections régionales de 2010.... François Bayrou revient sur tous ces sujets qui font l'actualité.

 

Le Monde : Barack Obama méritait-il le prix Nobel de la paix ?

François Bayrou : Cette récompense arrive tôt, très tôt. Disons qu'elle salue des intentions et un changement de cap plutôt que des résultats effectifs. En ce sens, c'est un grand défi que les Nobel lancent à Obama. Il faut qu'il obtienne des résultats. Mais au moins a-t-il en peu de mois changé l'image des Etats-Unis dans le monde, et donc un peu aussi l'équilibre du monde. Ce peut être un grand tournant.

 

L'affaire Mitterrand est-elle close ?

Qui peut savoir ? Lorsque M. Mitterrand a été nommé, ceux qui le nommaient savaient quels étaient ses écrits. Et certains sont violents, à la limite de l'insupportable, comme le genre de vie qu'ils décrivent. Pour moi, je crois et j'espère qu'un homme qui constate l'insupportable de sa vie peut changer. Mais sa fonction de ministre peut être rendue plus problématique...

 

Nicolas Sarkozy avait fait sa campagne contre Mai 68, faut-il faire l'inventaire de 1968 ?

Je n'ai jamais participé à la vindicte contre 68. Mai 68, ce n'est pas la cause de tous les maux, c'est la conséquence de mouvements très profonds de la société française, qui viennent de très loin. Dans l'héritage de 68, il y a des choses positives du point de vue des libertés, de la prise en main par chacun de son propre destin, d'un sentiment communautaire, et il y a des choses négatives, voire extrêmement négatives, la plus grave étant la dérive qu'on a tolérée et encouragée vis-à-vis de l'enfance et de l'adolescence. Une société qui expose les enfants est une société barbare. Sur ce point, il y aura un jour nécessairement interrogation.

 

L'ouverture participe-t-elle du brouillage idéologique ?

L'ouverture à la mode Sarkozy, ce n'est pas le dépassement des frontières que j'appelle de mes voeux, c'est la société de communication, du spectacle. On prend non pas des idées, des consciences, mais des figures médiatiques, pour abuser l'opinion publique. Mon idée de l'ouverture est exactement le contraire : la situation de la France est tellement grave qu'il sera impératif de traiter la crise sous forme d'une union nationale. Dans l'infinie dégradation qu'il connaît, depuis l'éducation jusqu'à la justice, ce pays exigera qu'on sorte de l'affrontement des camps et du simplisme pour choisir une voie nouvelle et reconstruire - car il s'agira bien de reconstruire - un pays équilibré.

 

Pourquoi un tel catastrophisme ?

Voyez ce qui vient de se passer en quelques jours. Dans la même semaine, le gouvernement propose de subventionner les élèves pour qu'ils viennent en classe. Il livre le pactole du marché des jeux sur Internet à des intérêts privés, bookmakers et autres, au mépris des principes que la France respectait depuis 150 ans : le jeu, parce qu'il est dangereux, est organisé par l'Etat. Il annonce que le déficit de l'Etat atteint 50 % de la dépense publique ! Et le fils du président de la République se voit installé (à 23 ans et sans aucune compétence particulière) à la tête de l'établissement public d'aménagement du quartier de La Défense, un des intervenants les plus puissants dans l'aménagement au niveau européen. Tous les piliers solides sur lesquels notre pays s'était construit, en termes de principes, de décence, de raison, chancellent et s'effritent. Cela rappelle l'Empire romain.

 

Quel est le principal défi de l'après-crise ?

La dette : chaque heure de la journée, quand on fait une dépense publique de 1 000 euros, il faut en emprunter 500 ! Ce déficit a augmenté de 350 % en deux ans ! Et contrairement à ce qu'on dit, les choses ne vont pas s'arranger. Comme Jean Peyrelevade l'a montré, la charge de la dette est devenue telle qu'il ne peut y avoir de rétablissement à politique constante. Pendant des années et des années, tout le travail des Français sera ponctionné pour rembourser, notamment à l'étranger, cette charge qui a été constituée à leur insu. Ce déficit, désormais, fait boule de neige : il semble hors de tout contrôle. Notamment si les taux d'intérêt augmentent. Pour inverser la tendance, il faudra un immense effort national, Etat, collectivités, citoyens. Cela ne se fera pas sans un changement profond, majeur, dans la politique du pays.

 

Faut-il poursuivre la réduction du nombre de fonctionnaires ?

On peut le faire, si cela n'est pas décidé à l'aveugle et si on sait réorganiser l'Etat. Mais il est illusoire de croire qu'on trouvera là les économies suffisantes.

 

Faut-il taxer les indemnités liées aux accidents du travail ?

Non, on ne peut pas les considérer comme un salaire normal. C'est la compensation par l'assurance d'un dommage subi. Et il y a souvent des pertes de revenus supplémentaires liées à cet arrêt de travail.

 

La réforme des collectivités va-t-elle dans le bon sens ?

L'idée principale, rapprochement des départements et des régions, je la défends depuis longtemps. Je suis donc disposé à la soutenir et à la voter, à une condition impérative : qu'il y ait une loi électorale juste, représentant équitablement les grandes sensibilités du pays, comme le fait la loi électorale allemande.

 

Comprenez-vous les réticences des élus ?

C'est normal, les élus ont envie de conserver leurs prérogatives. Mais le système actuel ne va pas. Il n'est plus possible de conserver deux institutions (départements et régions) avec des élus qui s'ignorent pour faire à peu près la même chose. Moi, je veux changer les choses. Le conservatisme n'est pas une solution.

 

Partagez-vous la colère d'Alain Juppé sur la réforme de la taxe professionnelle ?

Oui. Les collectivités ont reçu des assurances formelles et l'on découvre que ces assurances ne seront pas respectées. En vérité, quand un impôt est accepté, il faut y toucher avec prudence. Les intérêts qui pèsent sur la décision du gouvernement sont puissants. Mais les milliards qui seront rendus aux industriels les plus puissants, il faudra les prendre à de plus fragiles. Ce sont autant de décisions dont on n'a pas pesé les conséquences.

 

Après votre échec aux européennes, vous avez formulé une offre de dialogue publique à l'opposition. Avec qui allez-vous discuter ?

Ma démarche repose sur cette conviction : face à la dégradation du pays, au dévoiement de son projet national, il faut changer nos institutions, reconstruire complètement la pensée et cette révolution ne peut pas se faire camp contre camp, démagogie contre démagogie. Il faut donc que ceux qui cherchent l'alternance acceptent de se parler, de confronter leur point de vue, sans renoncer à rien de ce qu'ils sont, à leur histoire, à leurs idées. Cette idée avance, je le crois, et j'espère qu'elle se concrétisera dans les semaines qui viennent. J'essaie d'être l'accoucheur d'un espoir crédible pour le pays.

 

La percée des Verts ne contrarie-t-elle pas votre appel ?

Pourquoi donc ? Je les crois aussi attachés à sortir de l'impasse dans laquelle se trouve la France. Sur le fond j'ai une différence avec eux : l'environnement est un problème pour l'humanité mais je ne crois pas que les problèmes de la société française se résument à l'environnement. Les banlieues, les inégalités sociales, l'école, la santé, la situation des jeunes totalement abandonnés, celle des finances publiques ne se résument pas au problème de l'environnement.

 

Corinne Lepage et Jean-Luc Bennhamias vous poussent à un accord national avec les Verts. Y êtes-vous favorable ?

Le choix que j'ai fait depuis longtemps, c'est celui du rassemblement. Etre soi-même, et en même temps faire tomber les murs, dépasser les frontières. Avec les écologistes dans certaines régions ? J'y suis ouvert. Mais cela ne nous dispensera pas de construire nos propres forces.

mardi, 13 octobre 2009

Un bien triste tour d'horizon

Les Hénibeaumontois peuvent supporter beaucoup de choses, ils l'ont d'ailleurs montré ces dernières années. Nombreuses augmentations d'impôts locaux, fermetures d'usines, détérioration de leur cadre de vie, dégradation de leur tissu social, malversations et magouilles de Dalongeville, la liste n'est pas exhaustive.

Il est pourtant une chose qu'ils ne supportent pas, c'est d'être pris pour des imbéciles.

Malheureusement, depuis l'élection de l'équipe majoritaire en juillet dernier, de nombreux éléments laissent à penser qu'ils ne sont ni entendus ni même simplement écoutés. Aux 4 coins de notre ville, le mécontentement se fait entendre, le désenchantement également. Les rares dossiers pris en charge par l'équipe de Daniel Duquenne ont été traités de manière fort légère, non-informée.

Pour le principal d'entre-eux, à savoir l'augmentation des impôts locaux, notre maire s'est totalement défaussé sur le Préfet, qui le lui a d'ailleurs publiquement reproché. Le résultat est tangible,  à la lecture des feuilles d'imposition qui parviennent en cette période dans les foyers.

Dans le dossier des ressources humaines, il est indéniable que le malaise va grandissant au sein des services municipaux. Les agents travaillent dans un climat délétère, l'information interne ne circule pas, le travail de dénigrement et de culpabilisation est à son summum.

Autre frange de la population à afficher son désarroi: les commerçants. Les organisateurs du Salon du Mariage se souviendront longtemps de la façon dont leur sujet a été traité. Manque de concertation, prise de position fébrile, pas d'implication du premier magistrat. Autre raison pour les commerçants de ne pas être satisfaits: la gestion de la ducasse de septembre laissait grandement à désirer. Des problèmes de sécurité et d'hygiène ont notamment été déplorés. De l'autre côté, les forains se sont plaints des relations peu chaleureuses entre les élus et leurs représentants.

Les associations sont au bord de l'asphyxie. Certaines ne voient pas l'avenir d'un bon oeil. Et celles qui fonctionnent voient parfois leur manifestation, organisée en amont depuis de longs mois, être victime d'un "hold-up" par un ou plusieurs adjoints. Ce fut le cas par exemple samedi dernier lors de la braderie du Vieux Hénin.

Quant aux préoccupations quotidiennes de certains habitants, elles ne le sont  pas forcément jugées "sérieuses". Les riverains du Clos du Lac, reçus en mairie la semaine dernière sont repartis sans aucune réponse, et ont eu une grande impression d'amateurisme de la part de l'adjoint chargé du dossier.

La liste n'est pas exhaustive, loin s'en faut... A ces exemples il conviendra d'ajouter celui de la politesse et du savoir-vivre. A force de rester groupés, les élus de l'Alliance Républicaine semblent vivre en vase clos et en oublient même souvent de saluer leurs concitoyens. C'est oublier bien rapidement le devoir de l'élu. C'est surtout un manque de respect envers les Hénibeaumontois qui souffrent dignement depuis de trop longues années.