Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 03 février 2015

Rien à déclarer ?

Avril 1986, une semaine après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, le ministère de l'Agriculture alla de son communiqué : "Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l'accident de la centrale de Tchernobyl. A aucun moment, les hausses observées de radioactivité n'ont posé le moindre problème d'hygiène publique."

16 mai 2014, arrivée à destination de la croisière de Marine Le Pen, la tête de liste du FN en Ile-de-France a jeté dans une poubelle un livre sur lequel était écrit « Accords de Schengen ». Un geste symbolique à l'encontre de ce qui, pour elle, représente « l'une des fautes les plus criminelles de l'Union européenne : la disparition totale des frontières ». 

Forcer les étrangers à ouvrir leur commerce, abaisser leurs barrières et leurs droits de douanes, tout en tâchant de conserver les siennes, est une politique ordinaire des relations internationales. Du fait de ces pratiques, le commerce international peut consister pour une part notable en contrebande, contournement illégal des règles sur les importations, d'autant plus rentable que ces règles sont plus coûteuses...

 

___________

 

image.jpgRétablir les frontières pour relancer l'économie française (et par la même sortir de l'euro) mais aussi pour stopper ce qui fut présenté par JM Le Pen comme un tsunami migratoire, c'est en substance le mot d'ordre rabâché par le FN.

Nous mettrons pour une fois de côté les considérations idéologiques qui m'opposent à ce parti d'Extrême Droite pour s'attarder sur une approche plus économique

Je n'ai pas pour habitude de me refuser au dialogue avec les héninois et beaumontois, dusse une partie de ceux-ci voter FN. 

Il est encore un espace de liberté où les différences voire les divergences peuvent s'exprimer et qui viendrait à disparaître si on se contentait, et qui plus est systématiquement, de la politique de la terre brûlée.

C'est vrai qu'il peut être désarçonnant d'entendre parfois les réactions de femmes ou d'hommes, lorsque leur favori se trouve à juste titre épinglé, les doigts bien enfouis dans une confiture, celle la même que pourtant il s'était jurer de ne jamais goûter.

Ces réactions sont j'en suis convaincu la plupart du temps sincères (et ce même lorsqu'elles relèvent du stéréotype frontiste).

Il n'est pas méprisable d'être dans le besoin quotidien et de s'interroger sur la justesse de l'aide qui est déployée au profit d'une population étrangère, même si imputer sur le malheur des autres son propre bonheur est surprenant. Mais leur ressenti est significatif du peu d'espoir que ces personnes portent  en elle et ont en la collectivité pour élever leur condition de vie.

Et dés lors, l'idée de rétablir les frontières pour interdire l'accès de la France aux populations étrangères peut effectivement trouver écho. Politiquement l'argument est rentable.

Economiquement, il est cependant permis d'en douter fortement.

Rappelons notamment que plusieurs enquêtes sont venues balayer les affirmations de Marine Le Pen. Ne lui en déplaise,  les immigrés sont un atout économique et ne creuse pas les déficits sociaux.

Mais aussi parce qu'il n'est pas incongru de souligner que ce rétablissement des frontières aurait lui aussi un coût dont on peut penser qu'il serait bien plus important que les dépenses engendrées pour une prise en charge sociale de ces populations.

Qu'il est en outre grandement permis de penser que cette prétendue politique serait vouée d'emblée à l'échec. 

Qui pour croire que les migrants optent pour un très long voyage, oh combien coûteux et périlleux dans le seul espoir de profiter de cette prise en charge sociale, et ce aux dépends des nationaux ?

Qui pour croire que le rétablissement des frontières viendrait anéantir la volonté de milliers de femmes et d'hommes à tenter ce périple. Combien sont-ils les naufragés de Lampedusa ? 

Qui pour croire qu'une reconduite à la frontière (et dans l'attente d'une nouvelle tentative) ne coûterait rien aux contribuables ?

Qui pour croire aussi et surtout que le rétablissement des frontières viendraient mettre à mal les réseaux qui se sont organisés, vendeurs de miracles et qui in fine sont les premiers bénéficiaires de ces trafics d'humains ? 

Ce sont bien à ces réseaux qu'il convient en priorité de s'attaquer mais croire que le rétablissement des frontières viendra à coup certain mettre un terme à leur existence relève au mieux de la naïveté ou plus certainement chez les politiciens de la foutaise.

Le choix en la matière ne peut être binaire, entre l'angélisme ou le repli identitaire. 

L'affirmer, ce n'est pas renoncer à traiter le sujet, c'est éviter en revanche de prendre les citoyens français, et parmi eux les héninois et beaumontois, pour des imbéciles.

Où en sont les promesses de Steeve Briois quant à ses solutions contre l'insécurité, l'installation de camps illicites, pour l'emploi. Quels résultats ?

Lors des voeux municipaux, en rejetant la responsabilité sur l'Etat, le maire a fini par admettre l'argumentaire de ses opposants que pourtant il y a peu encore il semblait refuser : l'impuissance d'un élu local à agir seul sur bon nombre de préoccupations. C'est pour cette raison que son attitude vis à vis de la CAHC est incompréhensible.

Et c'est pourtant à ce même mécanisme du repli qu'invite le FN pour prétendre résoudre la problématique migratoire et économique du pays. 

C'est un suicide politique que de s'en remettre à de telles stratégies. 

"Le territoire français est une composante indissociable du reste du monde et ne pourra de ce fait être totalement épargné des retombées socio économiques, bonnes ou mauvaises, des autres continents et pays".

A ce régime là, le FN pourrait aussi s'il était aux affaires obliger les français de l'étranger à revenir au pays ou bien encore et pour lutter contre le chômage se déclarer favorable à une politique du contrôle des naissances en France (tout en vantant son opposition à l'avortement), histoire de  promettre à chacun, puisque moins nombreux, un emploi pour les siens ...

Ce sont sur les causes qu'il convient d'agir et non seulement sur leurs conséquences. Faute de quoi nous n'aurions alors sans doute d'autre choix que celui d'accueillir toute la misère du monde...

04:52 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer |

Les commentaires sont fermés.