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jeudi, 16 janvier 2014

Hénin-Beaumont : la gauche battrait le Front national

Selon un sondage réalisé par l'institut CSA pour Le Figaro, BFMTV et Orange, le maire sortant d'Hénin-Beaumont, Eugène Binaisse (PS), serait élu au deuxième tour avec 54 % des voix.

 

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Si les élections municipales avaient lieu dimanche à Hénin-Beaumont, le candidat du Front national s'inclinerait au second tour (46 %) devant le maire sortant socialiste Eugène Binaisse (54 %). Près de deux mois avant les scrutins des 23 et 30 mars 2014, les résultats de ce sondage réalisé par l'institut CSA pour BFMTV, Le Figaro et Orange, sont une surprise à nuancer.

«Si le Front national apparaît en mesure aujourd'hui d'arriver en tête au premier tour, on s'aperçoit toutefois que les réserves de voix à ce moment de la campagne, s'avèrent insuffisantes pour Steeve Briois pour faire la différence au second tour», observe Yves-Marie Cann, directeur adjoint du pôle Opinion à CSA. Si le cumul des listes de gauche au premier tour (56 %) confirme l'ancrage à gauche de la ville, l'analyste note aussi une gauche en retrait de dix points par rapport à 2008. «Il existe un effritement de la gauche et une dynamique réelle en faveur du Front national», précise-t-il.

 

Marine Le Pen, qui figure sur la liste de Steeve Briois «pour la pousser», est totalement convaincue de la victoire de son parti, au vu des résultats des précédents scrutins. Hénin-Beaumont est en effet la ville où la présidente du FN a devancé François Hollande et Nicolas Sarkozy lors de la dernière présidentielle. Dans cette commune du Pas-de-Calais, où l'UMP n'a jamais réellement existé, elle a totalisé 55,14 % devant le PS aux législatives de 2012. La présidente du FN avait frôlé l'élection à une centaine de voix près, obtenant 49,89 %, dans un duel de second tour l'opposant au candidat socialiste Philippe Kemel (50,11 %). Au passage, avec 48,21 % dans la commune, elle avait écrasé Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) qui en avait fait un combat national mais avait dû s'incliner au premier tour avec 21,21 %. Déjà en 2007, alors que le FN était très affaibli, Marine Le Pen avait obtenu 44,53 % au second tour des législatives et la commune du Pas-de-Calais était devenue le symbole du renouveau pour le FN.

 

Les impôts locaux, enjeu prioritaire devant la lutte contre la délinquance

Dans notre sondage, Steeve Briois, secrétaire général du FN, n'égale pas les scores de Marine Le Pen aux législatives de 2012. «Les personnalités ne sont pas les mêmes, admet Yves-Marie Cann, mais ce n'est pas tant la notoriété du candidat qui est en cause - Steeve Briois est bien implanté - que celle des enjeux locaux. Autant il peut y avoir une dimension défouloir du vote favorisant le FN dans les législatives, autant les électeurs peuvent être sur la réserve à l'échelon local.». Interrogé par Le Figaro, le candidat du Front national Steeve Briois confie son scepticisme: «Cela fait vingt ans que les sondeurs viennent avec leurs gros sabots à Hénin et qu'ils commettent des erreurs de pronostics. Si on les avait écoutés, le député serait Mélenchon! Et Marine Le Pen était créditée de 32% au premier tour des législatives de 2012.» Le frontiste ajoute: «J'ai fait 51,7% dans cette commune au second tour des cantonales en 2011 et 55,14% avec Marine en 2012. Tout cela est plus révélateur qu'un sondage.»

L'UMP, conduite par Jean-Marc Legrand, n'obtiendrait que 8 %, ce qui lui interdit de figurer au second tour et pose donc la question des consignes de vote.

Le sondage CSA montre aussi que si 60 % des habitants réclament un changement en profondeur de l'action municipale, ils restent une majorité à voter au second tour pour le maire PS sortant Eugène Binaisse. «Comme dans beaucoup d'autres communes, nous avons observé qu'une élection municipale, y compris pour la majorité sortante, doit être l'occasion d'un renouvellement des équipes, d'autant que la situation politique à Hénin-Beaumont a été particulièrement délicate au cours des six dernières années avec des changements de maires, dont un condamné par la justice», explique Yves-Marie Cann, en insistant sur le poids des particularismes locaux.

 

 

L'enquête du CSA révèle que la question de «la transparence municipale» figure en troisième position des enjeux prioritaires, à égalité avec l'aide aux personnes âgées (22 %) et après les impôts locaux (55 %) et la lutte contre la délinquance (36 %). Il faut remarquer enfin que 25 % des électeurs de cette cité de gauche souhaitent se saisir des prochaines municipales pour exprimer leur mécontentement à l'égard du gouvernement et du président de la République. «C'est un chiffre élevé reflétant un danger potentiel à l'égard des listes de gauche, souligne Yves-Marie Cann, et il existe un terreau pour que ce rapport évolue durant la campagne. Ce qui pourrait favoriser alors la dynamique en faveur du Front national.»

 

Source Le Figaro.fr

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