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mercredi, 20 novembre 2013

POUR SORTIR DES IDEES RECUES SUR L'IMMIGRATION (5)

JE EN SUIS PAS TRES OPTIMISTE SUR L'AVENIR DES POLITIQUES MIGRATOIRES

Que vous inspirent les drames de Lampedusa ?

Beaucoup de tristesse et un grand sentiment de culpabilité. Ce sont des morts que nous avons sur la conscience parce que nous les créons par nos politiques migratoires : la fermeture des frontières et l’externalisation des procédures d’asile.

Ce dernier naufrage symbolise la faillite de la politique européenne d’immigration, pas commune, pas claire, où le poids d’accueil des demandeurs d’asile repose très largement sur l’Italie, la Grèce, l’Espagne, Malte.

La Convention de Dublin implique que les candidats à l’asile doivent déposer leur demande dans le pays européen où ils arrivent. Ces pays s’en plaignent et, bien logiquement, ne peuvent pas prendre toute la charge des demandes.

Je ne suis pas très optimiste sur l’avenir des politiques migratoires, de plus en plus dictées par les sondages, par la peur, les fantasmes et la xénophobie. La mobilité est une évolution structurelle du monde.

La nier et ne pas l’accompagner par des politiques et des droits adaptés, ça va forcément créer l’illégalité, des problèmes et des drames humanitaires.

Quels sont les pays qui vous semblent modèles dans leur rapport à l’immigration ?

Le Canada et la Nouvelle-Zélande ont, à mon avis, une excellente politique d’immigration. Ces pays ont réalisé que leur économie et leur démographie s’effondreraient sans l’immigration. A ce moment-là, le registre du discours politique a complètement changé.

Les deux pays ont mis en place toute une série de conventions, de programmes d’études et de travail et il est devenu beaucoup plus facile d’immigrer dans ces deux pays.

En Europe, la Suède a connu des problèmes mais maintient une politique d’immigration saine, accueillante vis-à-vis des réfugiés ou des personnes en situation humanitaire.

Quelles sont les nouveautés des flux migratoires internationaux ?

Le schéma n’est plus le même que dans les années 60 où on allait d’un point A à un point B et où on restait au point B. Les immigrés sont beaucoup plus mobiles qu’avant.

Des anciens pays d’immigration deviennent des pays d’émigration. Avec la crise économique, on voit pas mal d’immigrés qui rentrent chez eux et aussi pas mal d’Européens qui migrent au Sud.

On assiste à une croissance de l’immigration portugaise en Angola et au Brésil, une immigration espagnole en Equateur et en Colombie. C’est dû à la crise mais aussi au développement des pays du Sud qui offrent de plus en plus de perspectives professionnelles aux Européens.

On le voit avec les pays du Golfe et les tigres asiatiques. Ça va s’amplifier. Les gens viennent aussi pour des raisons de plus en plus différentes.

Dans les années 60-70, on avait une immigration de travail bien définie : on venait travailler en Europe dans la mine, dans la métallurgie. Maintenant, les profils sont plus variés. L’immigration devient donc de plus en plus complexe à cerner et à gérer.

On parle de plus en plus des réfugiés climatiques...

En 2012, plus de 33 millions de personnes ont été déplacées à cause de catastrophes naturelles. C’est un chiffre supérieur à celui des personnes déplacées à cause des guerres ou des conflits.

On constate un poids de plus en plus important des facteurs environnementaux dans la décision de migrer, un peu partout dans le monde. Pour beaucoup, ce sont des dégradations de l’environnement dont nous, pays industrialisés, sommes responsables. Pour le moment, ce sont des flux migratoires d’assez faible distance, souvent à l’intérieur même d’un pays.

Avec le temps, les migrations vont devenir de plus longue distance, de plus en plus permanentes et vont s’internationaliser.

Ce seront essentiellement les pays d’Asie du Sud et d’Asie du Sud-Est les plus concernés, parce qu’ils sont à la fois très exposés aux impacts du changement climatique et qu’ils sont très densément peuplés.

L’Afrique sub-saharienne aussi, notamment à cause du changement du régime de précipitations : une très grande partie de cette région dépend de l’agriculture, une des activités les plus exposées au changement climatique.

D’ici le milieu du siècle, cette question sera très importante.

 

 

 

 

 

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Source : Rue89

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