Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 08 novembre 2013

POUR SORTIR DES IDEES RECUES SUR L'IMMIGRATION (2)

ON EMPECHE LES IMMIGRES DE TRAVAILLER

 

En revanche, vous êtes d’accord pour dire que l’immigration coûte à l’Etat plus qu’elle ne rapporte.

 

Oui. En gros, selon les différentes études, elle coûte entre 4 et 10 milliards d’euros. La France est une exception parmi les pays industrialisés, où l’immigration rapporte presque toujours plus qu’elle ne coûte.

 

Pourquoi en France coûte-t-elle de l’argent ? Parce qu’on empêche les immigrés de travailler. C’est dû à une loi de 1991, qui interdit aux demandeurs d’asile dont le dossier est en attente de travailler.

 

Plutôt que de permettre à ces gens de payer des impôts et de consommer, on les maintient dans un statut d’assistanat social, où on leur verse chaque mois une allocation. Et ça coûte cher. En plus, les dossiers sont en attente pendant des années et des années.

 

Ce qui coûte très cher aussi, c’est la répression de l’immigration : 400 millions d’euros par an juste pour la reconduite aux frontières. Voyez Leonarda : juste pour expulser cette adolescente de 15 ans, ça coûte en moyenne 20 000 euros par personne, au moins, car en plus, il a fallu envoyer des policiers pour intercepter le car scolaire.

 

D’autres chercheurs disent que l’immigration coûte bien plus cher que ça. L’analyse statistique autour de ce sujet fait toujours polémique.

 

En fonction des études considérées, des catégories, les chiffres sont en effet un peu différents. Je considère que les études de l’OCDE sont les plus complètes et les plus robustes. Le FN sort des études et des contre-études.

 

Mais je crois que la science se fait en voyant le faisceau convergent des études, plutôt que l’étude – isolée – qui dit le contraire. Et l’OCDE est une référence.

 

Pourquoi l’équation nombre de chômeurs = nombre d’immigrés continue-t-elle de séduire ?

 

C’est un raisonnement qui paraît tellement simple qu’il est facile à comprendre pour tout le monde. Le problème, c’est qu’il est trop simple et qu’il ne correspond pas à la réalité. Souvent, la réalité des mécanismes sociaux est complexe à expliquer et, hélas, ça ne fait pas le poids par rapport à un mensonge simpliste.

 

Je crois aussi que la France ne prend pas conscience qu’elle est passée à une économie tertiaire. Plus vous avez de gens, plus vous avez de services et plus ça crée de l’emploi. On est encore dans un système très passéiste : on imagine qu’il y a un certain nombre d’emplois fixes et donc si on fait venir des immigrés, ils vont prendre l’emploi des Français.

 

Alors que les immigrés créent aussi de l’emploi parce qu’ils vont lancer des sociétés, qu’ils ont parfois une capacité d’innovation supérieure aux autochtones, parce qu’ils vont créer des business avec leur propre pays. Des sociétés de télécommunication pour passer des appels moins chers vers tel ou tel pays, des agences de voyage ou des commerces spécialisés...

 

Les immigrés sont les mieux placés pour développer des business liés aux échanges internationaux. On parle toujours des success-story de quelques immigrés qui ont particulièrement bien réussi et sont devenus millionnaires. Il y en a plein d’autres, qui ont bâti leurs petites entreprises et qui ont créé des emplois pour des Français. Je lis rarement des articles sur ces gens-là.

 

Les immigrés renvoient beaucoup de l’argent qu’ils gagnent dans leur pays : ce qu’on appelle les remises d’épargne, ça représente chaque année plus de 350 milliards de dollars [PDF], c’est la première source d’investissement dans les pays du Sud, c’est une somme qui dépasse de très loin les montants de l’aide publique au développement.

 

Les immigrés sont des acteurs économiques à part entière et des investisseurs du développement.

Source : Rue89

04:39 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer |

Les commentaires sont fermés.