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jeudi, 07 novembre 2013

POUR SORTIR DES IDEES RECUES SUR L'IMMIGRATION (1)

Nous nous étions fait l'écho samedi dernier d'un article publié dans le nouvel observateur retraçant le "face à face" organisé lors d'une émission télé entre Florian Philippot, Vice Président du FN, et François Gemenne, chercheur en sciences politiques, enseignant à l’Université Libre de Bruxelles et Sciences-Po Paris, spécialiste de la gouvernance globale des migrations environnementales. Un face à face pour traiter du sujet de l'immigration et au cours duquel le frontiste s’est retrouvé en difficulté, lorsque fut opposé les vrais chiffres de l’immigration aux insinuations et aux mensonges du FN.

 

 

Le site Rue 89 s'en est allé rencontré depuis François Gemenne pour lui donner la parole et obtenir ses réactions sur des idées reçues sur l'immigration.

 

Ce sont ces réactions que nous vous invitons à découvrir en 5 volets. Parce qu' il est aussi parfois des évidences ou pour le moins des analyses dont la logique résistent elles aux chiffres et méritent pour le moins qu'on y prête sérieusement attention, à l'opposé des idées reçus que des politiques se complaisent pourtant à vous marteler.

 

 

L'IMMIGRATION FAIT AUGMENTER LES SALAIRES

 

Quel regard portez-vous sur une première phrase souvent répétée : « Il y a trop d’immigrés en France » ?

 

L’idée de placer un seuil, de dire « trop » ou « pas assez » est une question idéologique. Mon rôle de chercheur, c’est de dire combien il y en a et après, les acteurs politiques peuvent se positionner.

Ce que je n’accepte pas en tant que chercheur, c’est que l’on donne de faux chiffres et, comme on le fait souvent, que l’on mélange le stock et les flux, le nombre total d’immigrés et ceux qui arrivent chaque année.

 

En terme de stock d’immigrés, la France se situe dans la moyenne, comparée aux autres pays européens. A peu près 6% ou 7% de la population.

 

Si on prend les flux ces dernières années, la France accueille plutôt moins d’immigrés que d’autres pays européens comparables. En 2011, l’immigration en France, c’est 267 000 entrées, ce qui inclut les immigrés européens. L’Allemagne est à 490 000 entrées, l’Italie 385 000 et le Royaume-Uni 565 000. En 2012, ce sera vraisemblablement pareil.

 

Le solde migratoire en France est stable depuis plusieurs années, autour de 54 000. Ça représente moins de 1 pour 1 000 de la population française. Chacun tirera ses conclusions : est-ce que c’est ça la limite maximale ?

 

D’où viennent les immigrés installés en France ?

 

Si on regarde les stocks, ce sont essentiellement des Européens, à peu près à 45% ; puis 30% de Maghrébins, 10% en provenance de l’Afrique sub-saharienne et ensuite, le reste du monde.

 

Sur les flux, c’est 20% d’Européens et, année après année, en fonction des crises et des guerres, la nationalité change. Les anciennes colonies, le Maghreb en particulier, restent une source importante des flux migratoires.

 

Ça donne l’impression qu’il y a de moins en moins d’Européens, c’est surtout que lorsque ceux-ci viennent, c’est pour des raisons professionnelles ou familiales : ils s’installent durablement.

 

Les gens qui viennent pour des raisons humanitaires rentrent, pour beaucoup, dans leur pays lorsque le conflit est apaisé.

 

Une autre phrase souvent associée à l’immigration : « Les immigrés viennent faire le travail que personne ne veut faire » ?

 

Elle est bien intentionnée mais elle n’est que partiellement exacte. Aujourd’hui, les immigrés qui arrivent sont souvent plus qualifiés et plus jeunes que la population française.

 

Pour une partie d’entre eux, ils viennent occuper des postes très qualifiés. Ce sont des chercheurs, des ingénieurs, des médecins, les footballeurs.

 

Parmi les immigrés, il y a deux extrêmes [voir le PDF] : ceux-là et, en effet, ceux qui travaillent pour des clopinettes à faire des boulots que personne ne veut.

 

Les deux sont absolument nécessaires à l’économie parce qu’il faut des gens pour remplir des trous dans le marché du travail, notamment dans la restauration et dans la construction, des secteurs qui s’effondreraient économiquement sans l’immigration. C’est aussi le cas des prêtres et des médecins dans les déserts médicaux.

 

Ces travailleurs acceptent des faibles revenus et du coup, les salaires baissent...

 

C’est complètement faux. En particulier, pour les salaires des professions plutôt peu qualifiées. On constate de manière assez nette que les salaires de ces emplois augmentent grâce à l’apport de l’immigration.

 

Parce que les immigrés prennent les salaires tout en bas de l’échelle et que par conséquent, les Français remontent un peu. C’est comme s’ils gagnaient un échelon. On considère que l’impact moyen est de +0,27%. Aux Etats-Unis, les résultats sont comparables [PDF].

 

Dans les professions plus qualifiées, l’impact sur les salaires est beaucoup plus faible, quasiment nul.

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