mardi, 15 janvier 2013
ODS, il faut être un peu sérieux.
Les arguments développés dans le dernier billet d’Alain Alpern consacré à l’ODS (http://alpernalain.blogspot.fr/2013/01/ods-les-nombreuses-irregularites.html) révèlent pour le moins une méconnaissance sérieuse de l'organisation de la pratique sportive mais aussi associative en France.
Voilà qui peut paraître surprenant tant l'accès aux éléments qui encadrent les relations des associations sportives aux collectivités locales est aisé pour qui désire véritablement s'interroger sur ce sujet.
Qu'il y ait un débat "politique" sur ce que peut et pourrait entreprendre la ville d'Hénin Beaumont (et cela vaut aussi pour la CAHC) est une chose et serait même fort intéressant.
Le déporter, volontairement ou non, sur le champ de l'obligation légale en est une autre. Mais voilà qui recommanderait alors des bases différentes de celles qui ont été pour ma part à tort utilisées.
Pour seul exemple, le financement des actions "sport santé" peut s'envisager dans le cadre d'un partenariat entre l'Etat et des associations sportives agréés.
La teneur des « accusations » ou pour le moins des sous-entendus qui ne sont pas neutres est telle qu’il est important que le président de l'ODS puisse réagir publiquement aux propos qui dans le billet cité ont été communiqués. Cela peut, et politiquement doit, entrer parfaitement dans le champ de la responsabilité que lui confère sa fonction.
Parce que sauf à avoir la prétention d'être le père d'un hypothétique arrêt européen, à l'image par exemple de l'arrêt Bosman - et dès lors, c'est bien au-delà d'Hénin Beaumont que le regard devrait porté - il n'y a pas dans le subventionnement de l’activité associative (lorsqu’elle est conforme à l’objet statutaire pour laquelle elle est menée), matière à gestion de fait. En effet, il n'existe aucune d'obligation pour les collectivités locales d'exercer une compétence sportive ...
J'ajoute que, si d'aventure les préconisations dont Alain Alpern se fait le défenseur venaient à s'appliquer, c'est bien plus que le devenir de l'ODS qui volerait en éclat. Il conviendrait alors d’ouvrir une liste et d’y faire figurer pour commencer l'Escapade, Hénin Gym, le cercle d'escrime, Le Temps de Vivre, etc.
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Commentaires
C'est bien là qu'est justement le débat. C'est le même que celui qui anime aujourd'hui les fameuses "agences nationales" contre lesquelles s'est positionné le Président de la République.
C'est tout simplement un problème de légitimité et d'utilisation de l'argent public.
Ne sont pas concernées que les associations sportives mais bien d'autres structures: pour nous qui sommes du Pas de Calais, la Vie Active par exemple...
Écrit par : anonyme | mardi, 15 janvier 2013
Répondre à ce commentaireL'analyse de l'activité développée autrefois par l'ODS doit donc bien relever d'une approche politique et en aucune façon judiciaire.
Ceux qui ont délibérément opté en faveur de ce second registre l'ont fait avec des intentions politiques, ce qui n'est pas acceptable ni défendable.
Quand aux dérives qui peuvent exister, il serait bon pour ma part de s'interroger s'il convient d'en juger les responsables et/ou de remettre en cause le système associatif.
La France compterait un million d’associations en activité et 13 millions de bénévoles.
Combien d'entre elles et d'entre eux peuvent faire l'objet de doutes quand au caractère désintéressé de leur activité ou de leur engagement ?
Imaginons ne serait-ce qu'un instant ce que coûterait aux français l'action associative si demain celle-ci venait à être remplacée par une action des collectivités ou du secteur marchand ?
Et quand l'une de ces associations déraille dangereusement, ce n'est généralement pas l'absence ou l'insuffisance de règle qui empêche de l'arrêter.
Que toutes ces observations ne puissent dispenser les collectivités locales de convenir ou non de l'intérêt à se doter d'une politique sportive est une toute autre question.
Écrit par : PP | mardi, 15 janvier 2013
Répondre à ce commentaireOui...mais n'oublions jamais que nous avons fait la révolution pour lutter contre les corporations. N'oublions jamais que la révolution s'est faite en faveur de la reconnaissance du citoyen qui est reconnu en tant que tel. Sous l'ancien régime, le citoyen n'existe pas; la personne humaine ne se réalise que par la corporation à laquelle elle appartient.
On semble avoir oublié cette évidence et notamment les communes dans leurs comportements politiques: vous n'existez qu'à partir du moment où vous intervenez comme représentant d'une association d'une structure ou encore d'une corporation; et puisque on évoque le sport, vous n'avez accès à un équipement sportif que si vous êtes membre de l'association qui utilise cet équipement...pourtant payé avec les impots des citoyens !
Souvenons nous des difficultés pour le citoyen d'avoir accès (en payant) aux piscines ou patinoires quant la structure est occupée en permanence par les clubs (qui bénéficient de l'installation à titre gratuit).
Voilà, c'est aussi simple que cela, la réalité du terrain et des privilèges . Bien évidemment je suis a votre disposition pour une multitude de cas pratiques qui devraient inciter nos élus à la prudence s'agissant de l'utilisation de l'argent public.
De plus des régles précises ont été développées par la doctrine et la jurisprudence: Alors, on peut aimer le sport, les activités culturelles ou les mouvements associatifs; il faut avant tout respecter les règles républicaines d'égalité de traitement et de respect de l'argent public.
Observons quand même que le Pas de Calais fais plutôt montre d'une grande opacité en la matière... et l'utilisation de ce terme "opacité" est un euphémisme.
Écrit par : anonyme | mercredi, 16 janvier 2013
Répondre à ce commentaireVous touchez là du doigt une question à laquelle, je l'avoue je me refuse de répondre de manière tranchée : le développement de la vie associative, objectif ou moyen ?
Ceci dit, et dans une certaine mesure par le biais d'une réaction à un commentaire, je reviendrai sur ce sujet demain.
Et c'est tout naturellement que je suis prêt à poursuivre par la suite cet échange. C'est un vrai plaisir que d'échanger sur des considérations exprimées sainement.
Écrit par : PP | mercredi, 16 janvier 2013
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