mercredi, 28 octobre 2009

Quand la France dit non, le pouvoir recule

FB_europe1.jpgFrançois Bayrou a estimé, lors de son passage au "Grand Rendez-Vous" Europe 1 - Aujourd'hui en France dimanche 25 octobre 2009, que l'affaire Jean Sarkozy avait fait "beaucoup de dégâts pour l'image de la France, y compris à l'étranger".

"Dans les pays qui nous entourent et nos partenaires l'image de la France était terrible du point de vue népotisme, comme ils disaient tous", a-t-il ajouté.

En outre, la polémique prouve que "le peuple français n'accepte pas l'injustice, les décisions tellement choquantes de préférence (...) pour la famille. Toutes les familles françaises, particulièrement celles qui n'ont pas de relations, vivent comme une offense le fait que leurs enfants à elles ne puissent même pas accéder à un stage".

Selon François Bayrou, l'affaire a "réveillé les valeurs républicaines les plus profondes" et "nous a fait voir que l'ascenseur social en France était probablement la chose dont il faudra qu'on s'occupe le plus rapidement". Troisième leçon de l'affaire, d'après François Bayrou, "quand la France dit non, le pouvoir recule et ceci me semble-t-il est un tournant".

Interrogé enfin sur les violentes attaques de l'UMP contre la presse à l'occasion de l'affaire, il a répondu : "je pense que la presse a fait son travail et c'est heureux, c'est bien". "On est en train de vivre une prise de liberté des journalistes, et cette prise de liberté est heureuse et il faut la défendre".

Nomination d'Henri Proglio à la tête d'EDF : "anormale et inacceptable" selon François Bayrou.

Interrogé au sujet de la nomination annoncée d’Henri Proglio à la tête d’EDF, François Bayrou a jugé celle-ci anormale et inacceptable. Henri Proglio, actuel PDG du groupe de services à l'environnement Veolia, devrait être officiellement nommé à la tête du groupe public en conseil des ministres le 25 novembre. Il a annoncé qu'il resterait président de son conseil d'administration, une fois nommé à la tête d'EDF.

"La nomination à EDF du président d'une entreprise privée qui conservera ses responsabilités à la tête d'une entreprise privée est une chose que dans les principes on ne doit pas accepter", a déclaré François Bayrou au "Grand Rendez-Vous". C'est à inscrire "dans les anomalies, dans les choses qu'on ne devrait pas accepter", a-t-il insisté.

"Ce n'est pas possible qu'il y ait à la tête de la plus grande entreprise publique française quelqu'un qui ait en même temps la préoccupation d'une entreprise privée, et si on ne se rend pas compte que ceci contredit aux principes qui sont les nôtres il me semble à ce moment là qu'on fait preuve de courte vue", a encore affirmé François Bayrou. Si cette nomination avait lieu, M. Proglio pourrait ainsi être amené à présider deux groupes comptant près de 500.000 salariés et réalisant des ventes cumulées de plus de 100 milliards d'euros.

 

Construire l'alternance : "Si (ce régime) dure 10 ans, je vous le dis avec certitude et gravité, il y aura de l'irréversible dans ce qui sera fait"

François Bayrou a réaffirmé à cette occasion qu'il y avait "urgence" à bâtir l'alternance pour 2012, car passer dix années sous le "régime" politique actuel aurait des conséquences "irréversibles" sur la société française.

"J'ai fait à partir de la rentrée une offre publique de dialogue (à tous ceux qui souhaitent bâtir une alternance crédible) sans exclusive à qui que ce soit, et cette offre publique est non seulement d'actualité mais selon moi une urgence". "L'objectif est d'obtenir en France une alternance pour qu'en 2012 les choses changent, autrement ce régime durera 10 ans et s'il dure 10 ans, je vous le dis avec certitude et gravité, il y aura de l'irréversible dans ce qui sera fait".

Il y aura, a-t-il ajouté, "des conséquences sur la manière dont le pouvoir est exercé en France, la prise de contrôle de très grands centres de décisions par des petits groupes... un petit groupe, qui comme vous le voyez avance ses pions dans toutes les situations de responsabilités que ce soit (au niveau) bancaire, financier, médiatique, politique, collectivités locales etc...". "La France a droit à avoir des dirigeants qui respectent les principes républicains du pays", a-t-il insisté.

 

Interrogé sur ses propres ambitions pour la présidentielle de 2012, il a répondu : "ce que François Bayrou fera en 2012 il n'en sait rien et vous non plus". D'ici là "il va couler beaucoup d'eau sous les ponts", a-t-il affirmé.

"L'attitude que j'ai c'est celle de rendre possible en France la création d'une majorité d'alternance" avec "des forces républicaines (qui) peuvent être de gauche, socialistes en particulier, (qui) peuvent être démocrates et du centre, j'espère qu'il y aura un jour une partie de la droite républicaine qui dira : ce qui se passe n'est plus acceptable", a-t-il conclu.

Commentaires

'est de son lit de convalescence que Daniel Cohn-Bendit donne ses premières impressions de campagne pour les élections régionales. Le député européen, qui se remet d'une opération d'une hanche, a écrit, mercredi 28 octobre, une lettre à ses amis d'Europe écologie. Et le ton n'est pas tendre pour ses "camarades" Verts.
Loin de l'euphorie électorale qui s'est emparée des écologistes, il y livre une analyse des contradictions de "sa" construction politique : une alliance un peu forcée entre un parti, les Verts, jusqu'alors en perte de vitesse, et des groupes locaux d'Europe écologie qui peinent à se structurer pour peser.

Le but du rassemblement opéré par Europe écologie était, rappelle le leader allemand, de "surmonter les fractures du passé, accroître la capacité d'attraction de l'écologie politique". La chose n'est pas facile, avoue-t-il.

Premier frein, les Verts qui "paniquent à l'idée de voir émerger une force organisationnelle concurrente". Ils seraient ainsi tentés de "redéfinir à leur manière" Europe écologie en se disant prêts à l'ouverture des listes, mais en "l'encadrant". Meilleur exemple de cette attitude, précise M. Cohn-Bendit : Jean-Vincent Placé, numéro 2 des Verts, qui "prend" et "décide" des candidats.

"LE BON VOULOIR DES VERTS"

Comme en face, les amis de M. Cohn-Bendit ont échoué à structurer un réseau de comités locaux digne de ce nom, "le degré d'ouverture des listes régionales dépend essentiellement du bon vouloir des Verts". Il faut donc que les personnalités d'Europe écologie, notamment les députés européens élus — José Bové, Jean-Paul Besset, Eva Joly ou Yannick Jadot —, donnent de la voix. Dans chaque région, ils devront "évaluer les candidatures non-vertes et préparer l'agencement des listes", conseille le député européen.

Deuxième hic, la divergence sur les liens avec le MoDem. "Les Verts s'affirment dans le cadre classique de la gauche plurielle", avec un "refrain" : "à gauche toute et sans Modem", raille "Dany". Ses amis et lui-même affichant une autonomie de l'écologie politique "en dehors de ce cadre référentiel de la gauche plurielle, traditonnaliste et rétrograde", il est nécessaire là aussi qu'ils se fassent plus entendre. Le débat, encore non tranché, entre les deux parties sur les alliances pour le second tour, devra se dérouler "au plus tard fin janvier", insiste-t-il

Mais M. Cohn-Bendit répète sa position : il faut "rassembler les réformateurs en vue de former une alternative au projet UMP". Et prévient : "je continuerai personnellement à débattre publiquement" afin de "permettre l'émergence d'une majorité alternative en 2012". Les Verts peuvent râler, "Dany" continuera à discuter avec Bayrou.

Ecrit par : Lu dans le Monde | jeudi, 29 octobre 2009

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