samedi, 15 novembre 2008

A quoi sert la CAHC ?

CAHC.jpgDe manière schématique l'intercommunalité se définit comme « la volonté des communes de s’organiser, de faire ensemble, mieux et à moindre coût pour le contribuable, ce que chaque commune seule ne peut faire ou ferait moins bien et à un coût plus élevé ». Une fois que l’on a précisé cela, et sur la base de la connaissance de la situation financière plus que regrettable d’Hénin-Beaumont et aussi, inévitablement celle de la CAHC, avec une insolente et injuste augmentation de 174% pour la part qui lui est dévolue, il me paraît plus qu’essentiel de remettre nos citoyens, par une énième information  la plus simple et précise possible, au cœur du bouleversement silencieux provoqué par la mise en place sur notre territoire de l’Etablissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI) qu’est la CAHC.

 

Une prise de recul étant souvent salutaire, c’est à la lumière de l’explosion de la fiscalité locale et de ses incidences sur la vie de tous les jours que l’on devine le mal qui ronge. Ainsi, il serait vraiment antidémocratique que la CAHC ne soit palpable, pour nos concitoyens héninois, qu'au travers des taxes figurant sur les feuilles d’impôts locaux déjà fortement lestées par les inconséquences notoires de l’appétit gargantuesque de Gérard Dalongeville. Dans ce contexte, que penser de l’échelon intercommunal qui en remet une couche ?

 

Si Gérard Dalongeville a été élu pour rendre un jour des comptes aux héninois sur sa gestion des deniers publiques, il en est autrement de la CAHC (avec son président JP Corbisez et les élus des 14 communes qui y siègent), qui par glissement est devenue une structure d'enjeu de pouvoir dont les citoyens sont exclus, puisqu'ils ne peuvent à ce jour, en élire aucun des  membres.

Curieux pour une structure qui lève l’impôt !! Même s’il est vrai que la CAHC n’est pas une collectivité territoriale au sens légal du terme, et bien qu’elle en possède beaucoup d'attributs, elle n’est pourtant pas un lieu de démocratie directe puisque ce sont les conseils municipaux qui y désignent leurs représentants.

 

A l’origine, la création de la CAHC est dûe entre-autre à l'existence d'un effet d'aubaine, dans la mesure où, comme partout en France et aussi chez nos voisins de Lens-Liévin, ce sont les incitations financières de l'État d’alors qui ont poussé au développement de la coopération intercommunale, alors même que les réflexions sur les compétences à transférer et sur la notion d'intérêt communautaire n'étaient pas abouties. Cette énième précision aura son importance pour ce qui suivra plus tard.

 

En conséquence, aujourd’hui on voit se profiler des incertitudes sur les Dotations Globales de Fonctionnement(DGF) versées par l’Etat, qui obèrent des lendemains déjà douloureux pour tout EPCI dont les élus auraient sous-estimé les charges de transfert de compétences. Malheureusement la CAHC fait partie de ces EPCI.

 

fiscalité.jpgAujourd’hui avec la fermeture d’entreprises d’importance sur notre territoire, la CAHC est confrontée aux effets de la dernière réforme de la taxe professionnelle qui limite les marges de manœuvre et la pousse (inexorablement ?) à la mise en place d'une fiscalité mixte que le contribuable devra supporter, sans forcément la comprendre faute de transparence, faute de pédagogie. Dès lors, une question occupe l’esprit : Les héninois sont-ils à ce point sots pour ne pas avoir le privilège de recevoir de la part de ceux qu’ils ont élus, quelques menues explications à défaut de mode d’emploi de l’intercommunalité ? Non, bien évidemment.

Mais le risque majeur, au final, est que les héninois ne perçoivent plus l'intercommunalité que comme un motif supplémentaire de voir se développer une technostructure toujours plus complexe à appréhender, de fait, inutile et consommatrice d'impôts.

 

La vérité est que la CAHC se trouve dans une impasse aujourd’hui, et Gérard Dalongeville et les représentants héninois qui siègent ont leur part importante de responsabilité dans le maintien des héninois dans un éloignement de circonstance (encore une !) qu’ils cautionnent silencieusement.

 

Ainsi, pour sortir du « brouillard » imposé, il faudra, je pense, procéder à une évaluation financière qui permettra d'expliquer le bilan de la CAHC en matière d'efficacité de la dépense publique. Et pour que cela soit transparent et précis il faudra commanditer et rendre publiques des études financières qui mettront en exergue une comparaison des budgets thématiques d’Hénin-Beaumont et de la CAHC avant et après le passage à la communauté d’agglomération, permettant ainsi comparaison entre le coût d'un choix de compétences avant et après son transfert.

 

Pour compléter le dispositif, une analyse des budgets de fonctionnement de la CAHC ne serait pas superflue pour connaître les tenants qui conditionnent les choix du moment. L’exemple de ne plus financer à terme les actions à caractère culturel qui bénéficient à un grand nombre d’habitants, est par définition l’exemple le plus cinglant pour appeler de nos vœux le vital besoin de transparence dont ont besoin nos concitoyens pour appréhender ce qui se passe à la CAHC.

 

Selon moi, plusieurs des problèmes évoqués plus haut ont une importance majeure et devront faire l’objet de transparence, tôt ou tard. Je les expose ici sans ordre d’importance particulier.

Le premier d’entre eux et non des moindres est la question du financement de la CAHC. Le deuxième est le déficit démocratique provenant de l'absence d'élection au suffrage direct de conseillers communautaires pourtant appelés à voter une partie de la taxe d'habitation. Le troisième est la définition de la notion « d'intérêt communautaire ».

 

Ce dernier point, faisant référence à la loi d’orientation relative à l’administration de la république, sera évoqué de manière spécifique très prochainement afin de permettre la mise à jour des spécificités de la CAHC en la matière et à travers elles, découvrir un EPCI aux pratiques bien singulières.

 

Affaire à suivre…

 

 

BAHA

Commentaires

Résultat des votes UMP d'hier:
Ramdani élu délégué de circonscription par 44 voix contre 20. Bocquet out...

Ecrit par : hors-sujet | samedi, 15 novembre 2008

Il se trouve que l'intérêt communautaire a été défini et modifié à diverses reprises. Pour en avoir été l'initiateur et le rédacteur de la première mouture, je dois préciser que j'ai toujours rappelé l'importance et les effets d'un tel texte qui est la charte fondamentale et détermine les partages de ce qui relève de la collectivité et de son intercommunalité.
Je me souviens, en son temps, avoir été malmené sur le sujet comme si le vote de ce texte était mineur et relevait de mon humeur de fontionnaire territorial. Un vice président, et pas des moindres, qui avait la fâcheuse habitude de railler mon souci de la précision juridique et du droit public n'avait il pas dit que c'était pour me faire plaisir qu'un tel texte était voté... et c'est vrai qu'il l'a été sans grande conviction, mais il existe.
Il serait bon qu'il figurât, en bonne place, sur le site informatique de la CAHC, tout comme les statuts.

Ecrit par : cimares | samedi, 15 novembre 2008

résultat des votes UMP d'hier:
Ramdani élu par 40 voix contre 22.2 blancs.Ambiance cordiale à l'issue du dépouillement.encourageant.

Ecrit par : hors sujet présent | samedi, 15 novembre 2008

En essayant de ne pas répéter ce que vous avez écrit , plusieurs remarques :

- on a effectivement l’impression que les compétences d’intérêt communautaire sont le fruit de l’histoire (reprise de celles de l’ancien district, par exemple), plutôt que le fruit d'une réflexion. Pourquoi par exemple, le soutien aux clubs sportifs de niveau national n’est pas une compétence partagée ?
- au lieu d’imposer l’intercommunalité, comme en Belgique et en Allemagne, l’Etat a choisi la manière douce : la carotte au lieu du bâton. Résultat : plutôt que des structures intercommunales bien cadrées, on a une superposition de compétences croisées, voire floues. Le personnel des mairies qui auraient dû diminuer (en étant réaffecté) n’a pas pour ainsi dire pas été transféré en même temps que les compétences
- Je ne reviens pas sur la désignation antidémocratique (comme au Sénat) de second degré. Dans l’état actuel des choses, rien n’empêche un Maire de faire les compte-rendus de conseil communautaire dans son bulletin municipal (eh oui, il en existe! ) et/ou dans les séances des conseils municipaux. Vous avez dit : rétention d’informations = plus de pouvoir ?
- A quand la remise à plat de la fiscalité locale pour plus de lisibilité (une taxe par niveau : par exemple, la taxe d’habitation pour les communes, le foncier bâti pour les interco, le non-bâti pour les départements, etc) et plus d’autonomie (actuellement les collectivités dépendent trop des dotations, bien que celles-ci permettent la péréquation) ?
- En parlant de transparence et de fiscalité : on dit qu’après avoir terminé son contrôle de gestion à Hénin (commencé début octobre pour se terminer en fin d’année), la Chambre Régionale des comptes (3 magistrats : mazette !) ira à la CAHC. Tant mieux car on a aucune vision de la réalité des comptes. Je ne trahirai pas de secret, en écrivant qu’au Conseil Régional, on se demande (et cela est valable pour la CALL et la CAHC) pourquoi on revendique une situation financière désastreuse, alors qu’aucun grand projet structurant n’a été réalisé depuis longtemps. Pourquoi cette phobie d’emprunter alors que de grands projets (qui vont profiter aus générations futures) ne peuvent être financés que par l’emprunt à long terme ?
- Le regroupement de la CALL et de la CAHC, voire de la CAD (Douaisis) me paraît vital. Carrefour de l’Europe, porte (les ports) de l’Europe vers le monde, un réseau de communication unique en Europe (voir au monde, disent certains !), au cœur d’une Eurorégion de 2 millions d’habitants (outre les 3 citées ci-dessus, la métropole lilloise, le Béthunois, la Belgique frontalière, une population travailleuse et compétente, etc, etc. Nous avons tous les atouts pour jouer avec les grands ! Bien sûr, les prés carrés (les féodalités, dit-on par ailleurs) sont un obstacle. Quel est l’élu, qui, aujourd’hui, est prêt au geste généreux que, pourtant, l’intérêt général dicte, de dire unissons-nous et dessinons un projet ambitieux , en faisant fi des questions de pouvoir ? J’ai suffisamment reproché à Gérard Dalongeville de ne pas avoir de projet, mais il n’est, bien entendu, pas le seul. «Jusques à quand », les ego politiques (politiciens) nous obstrueront notre avenir ?
- Enfin (je suis désolé d’avoir été si long, mais il y a tant à dire), je souhaiterais exprimer mon attente que la commission Balladur (chargé de remettre, en avril prochain, un rapport sur la refonte des structures locales), parmi les réformes envisagées (suppression des départements, regroupement des régions…) recommande d’imposer le regroupement des intercommunalités. Imposer plutôt que conseiller, sinon nous recommencerons la même erreur qu’il y a une quarantaine d’années…

Ecrit par : Alain Alpern | samedi, 15 novembre 2008

A Cimares
Votre intervention a le mérite de restituer un contexte dans lequel s'est mis
en place le passage du District d'alors en Communauté d'Agglomération. Si une partie des élus ignorait l'interêt de la démarche proposée, une autre redoutait par dessus tout la dilution à terme de leur pouvoir et c'est malheureusement cette grille de lecture qui domine encore à ce jour. Je partage votre avis en ce qui concerne l'affichage public du contenu donné à "l'interet communautaire" ainsi que des statuts de la CAHC...c'est effectivement un minimum.

A A.Alpern
Je partage les préoccupations que vous affichez sans exclusive et suis ravi de voir que nous sommes quelques uns à porter une ambition partagée pour notre territoire et sa population. Aussi, vous serez en accord, sans aucun doute, pour ouvrir la perspective en direction de la population. Que pensez vous de l'idée d'une discussion citoyenne en la matière?

Ecrit par : BAHA | samedi, 15 novembre 2008

Le (ou les) conseils d'agglo sont en effet totalement anti- démocratiques.
Il faut savoir que même les conseillers communautaires découvrent les délibérations quelques jours avant le Conseil.
Pour être clair, ils ont à se prononcer sur des textes qui n'ont pas été étudiés dans les conseils municipaux. C'est une véritable déviance.

Ecrit par : BOUQUILLON | dimanche, 16 novembre 2008

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