mercredi, 08 octobre 2008
S'employer pour l'emploi
La problématique de l’emploi est complexe et il convient de l’admettre pour mieux se prémunir des discours claironnants ou, au contraire, fatalistes. Elle recouvre en effet diverses aspirations dont certaines, quel doux euphémisme, se concurrencent. Il en est ainsi de l’attente des actionnaires, parfois, si divergente des besoins de ceux qui contribuent à l’activité de l’entreprise, pourtant support des bénéfices désirés.
Un tel contexte ne peut être nié mais s’avère bien insuffisant pour dépasser le sempiternel stade du « c’est pas moi » auquel reste pourtant bloqué Gérard Dalongeville. Cette stratégie vénère l’attentisme en l’érigeant en politique !
Se satisfaire de la critique ne vaudrait guère mieux. L’esquisse qui suit se veut donc être une première réflexion qui, pour ma part, mériterait d’être explorée ou à défaut suscitée à l’échelon d’une commune.
1) Inscrire la politique locale dans une cohérence à minima intercommunale et régionale pour ce qui relève de l’emploi, de la formation initiale et continue. Le non-renouvellement des CDD municipaux, outre la légitime indignation qu’il continue de susciter, suffit pour exprimer les limites d’une collectivité qui se voudrait endosser un rôle démesuré d'employeur. L’analyse ne peut donc se concevoir pertinemment en dehors d’un cadre régional d’observation et de formations, d’une part, et d’une action concertée de l’agglomération visant à faciliter l’implantation (voire la régulation) de nouvelles activités économiques, d’autre part. L’action de la commune est donc prépondérante pour qu’un dialogue puisse s’opérer et les mesures en résultant être adoptées.
2) Concevoir la transversalité des politiques au regard d’une ambition clairement affichée : l’accès à l’emploi. Cette transversalité est la seule à pouvoir garantir la mise en synergie et la convergence des compétences et des moyens. Toutes les pistes se doivent donc d’être explorées : activité touristique, sportive, … et ses retombées économiques, choix des « filières » dont se dotent notamment les établissements d’enseignement professionnel, etc…
3) Contribuer à l’attractivité du territoire intercommunal en veillant au maintien et au développement des services proposés à la population, et notamment aux ménages disposant des plus hauts revenus. La Culture, comme les services marchands en centre ville, revêt de ce seul point de vue, une importance qu’il serait fâcheux de négliger ou pire encore, de dénigrer. La qualité de ces prestations représente bien souvent une partie des incontournables estimés par des entreprises désireuses de s’implanter et à la recherche de cadres.
4) Mettre en œuvre une politique jeunesse basée conjointement sur l’instauration d’un continuum éducatif réellement partagé ainsi que sur la notion de logique de projet. Tout concourt aujourd’hui à inscrire enfin l’action éducative, et à chaque fois que possible, dans un processus impliquant les jeunes à la mise en place et à la définition des activités qui leur sont destinées. L’enjeu vise notamment à l’acquisition de savoirs et de compétences susceptibles d’être réinvestis dans une démarche d’insertion sociale et professionnelle, une démarche citoyenne, une démarche d’engagement, une démarche de consommateurs plus avertis. C’est pour ma part, un levier fondamental sur lequel une commune de 27 000 habitants doit intervenir.
5) Cibler et adapter les mesures d’assistance et d’assistanat, au plus près des besoins et non des a priori sur lesquels il est si facile, il est vrai de se reposer.
L’évaluation des aptitudes individuelles, et non plus seulement des conditions environnementales, doit conduire à convenir de la spécificité des mesures d’accompagnement à développer. Le cloisonnement dont souffrent certains quartiers relève aussi pour partie de l’image que l’on se complait à leur donner. Il en va du respect dû à la personne. Sortir du discours trop libéral qu’est celui de l’égalité pour entrer pleinement dans le champ des pratiques fondées sur l’équité. La solidarité s’exprimera d’autant plus fortement en ne se résumant pas à de l’assistanat.
6) Veiller à l’équilibre des différentes catégories socioprofessionnelles. Le développement du logement social est une ambition qui ne peut raisonnablement être envisagée sans la présence au sein d’un même territoire de diverses CSP ; sauf à vouloir faire d’Hénin Beaumont une ville dortoir ou un ghetto de pauvreté, une ville sans vitalité économique et donc sans avenir.
7) Repérer les « petits » chantiers permettant la construction d’une identité locale et contribuant à faciliter l’accès aux services et aux activités.
La programmation des jours de marché prive les commerçants d’une partie non négligeable de leur clientèle potentielle : celle des salariés qui le mardi et vendredi s’en vont travailler. Le report du vendredi au samedi pourrait être réfléchi.
La mise en place d’un mode de garderie des jeunes enfants permettant à leurs parents d’accéder plus facilement aux activités associatives représenterait aussi un plus.
L’impact économique de ce que certains ne manqueront pas de qualifier de mesurettes mériterait d’être étudié.
Ces différentes réflexions sont bien évidemment soumises à vos réactions et peuvent être martyrisées. Elles n’ont pas l’ambition d’être appréhendées comme des recettes miracles. Je les préfère toutefois aux discours mensongers et aux promesses dont certains se parent aussi habilement que lâchement.
PP
02:28 Publié dans La Société Civile | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note



Commentaires
"La problématique serait davantage liée au profil de la population : l'offre, insuffisante, ne facilite pas le parcours social "
"le repli des métropolitains : « Avant c'était du 70-30 par rapport aux locaux, maintenant c'est du 50-50 ",
"Mais avec l'explosion des prix du foncier local et du gasoil, ça n'est plus intéressant du tout. J'ai même des Lillois qui vendent pour repartir dans le Nord !"
Dont acte !!!!!!
Ecrit par : Lu dans VDN ce jour | mercredi, 08 octobre 2008
PP cherche donc à privilégier les plus riches !
Ecrit par : Honteux | mercredi, 08 octobre 2008
Alpern donnera peut être son avis, quant aux 2 autres, ce serait étonnant...
Ecrit par : faut pas rêver | mercredi, 08 octobre 2008
Enfin des propositions de votre part, la critique, on a vu, vous savez faire, il était temps de passer aux propositions pour une ville meilleure. J'ai lu avec attention votre article, plusieurs réflexions mériteraient d'être creusées. La "mesurette", comme certains risquent en effet de la nommer, concernant le mode de garde des jeunes enfants est à mon avis aisément étudiable.
Ecrit par : enfin! | mercredi, 08 octobre 2008
Enfin devrait lire plus souvent Alter Echo. Elle y verrait des critiques, mais aussi des propositions et des prises de position. M'enfin.
Ecrit par : Gaston | mercredi, 08 octobre 2008
Je ne peux pas me dérober...
1) "Inscrire la politique locale dans une cohérence à minima intercommunale et régionale pour ce qui relève de l’emploi, de la formation initiale et continue."
AA: la compétence économique est de compétence intercommunale (GD en était en charge lors du mandat précédent, mais c'est A.Facon qui l'exerçait effectivement); la formation initiale relève du Conseil Général, la formation continue (professionnelle) du Conseil Régional ("formation tout au long de la vie")
2) "Concevoir la transversalité des politiques au regard d’une ambition clairement affichée : l’accès à l’emploi."
AA: je verrais plutôt le Développement Durable comme politique transversale: car, outre l'efficacité économique, les logiques sociale et environnementale seraient pris en compte pour un développement harmonieux (et durable) du territoire
3) "Contribuer à l’attractivité du territoire intercommunal en veillant au maintien et au développement des services proposés à la population"
AA: Certes, mais la culture ne doit pas être réservée à une élite...( voir à ce sujet sur FR3, samedi, à 16H20, je crois: "Vivre mon Louvre", moment d'intense bonheur, à ne râter sous aucun prétexte)
4) "Mettre en œuvre une politique jeunesse basée conjointement sur l’instauration d’un continuum éducatif réellement partagé ainsi que sur la notion de logique de projet"
AA: Il s'agit là du beau principe, si galvaudé lors de la dernière présidentielle, de démocratie participative... Pour les jeunes, il s'agirait là d'une formidable pédagogie citoyenne, à "rentabilité élevée" (!)
5) "Cibler et adapter les mesures d’assistance et d’assistanat, au plus près des besoins et non des a priori sur lesquels il est si facile, il est vrai de se reposer."
AA: Pour l'assistance individualisée:le CCAS en est, en principe, en charge.
Quant aux quartiers:l a mixité sociale ne me semble pas exister dans ceux évoqués. Et la ghettoïsation guette et les difficultés deviendront croissantes
6) OK, voir ci-avant
7) "Repérer les « petits » chantiers permettant la construction d’une identité locale et contribuant à faciliter l’accès aux services et aux activités."
AA: tout à fait d'accord, ce sont loin d'être des mesurettes...(et j'en ai beaucoup à proposer!)
Remarques:
- les halte-garderies sont une excellente idée
- bonne idée pour le marché, mais difficile à réaliser parce que chaque ville a ses jours de réservés et elles ne voudront pas changer. J'avais proposé dans une campagne municipale béthunoise, de bâtir une halle aux produits frais , permanente (priorité d'installation aux commerçants locaux), idée que mon concurrent Jacques Mellick a reprise ensuite, mais qui vient d'être enterrée, malgré mes supplications, par mes amis vainqueurs des dernières élections béthunoises. Pour répondre à la préoccupation de Patrick Piret, une telle halle pourrait être ouverte plus ou moins tard le soir.
- enfin, l'économie sociale et solidaire peut créer des emplois dans des domaines très variés, et notamment dans les services à la personne, mais pas uniquement...
Ecrit par : Alain Alpern | mercredi, 08 octobre 2008
Alpern ne s'est pas dérobé... quant au duo de choc... pas de signe pour l'instant. Allez, Pierre, c'est de ton ex délégation dont il s'agit...
Ecrit par : on peut ptet rêver | mercredi, 08 octobre 2008
1) En accord avec les propos de M Alpern mais vous avez raison, M P P, de souligner que « l’action de la commune est prépondérante ». A défaut de pouvoir redéfinir les compétences de chacun (!!), une hiérarchisation , ou plutôt un parcours du projet entre les différentes institutions serait bienvenu afin de mettre en cohérence les besoins de la commune et les actions engagées aux niveaux de l’intercommunalité et de la Région.
2) Certes, il semble plus raisonnable que le Développement durable soit le dénominateur commun. Néanmoins, l’emploi reste sur notre territoire une priorité pour redynamiser la commune de par toutes les thématiques que sa politique génère.
3) Pour attirer les hauts revenus sur Hénin, il faut sûrement rendre les services attractifs tels que la culture, les commerces…mais pas que ! Les cadres soucieux de quitter la métropole lilloise s’installent plus volontiers dans le douaisis et le cambraisis. Notre territoire, au-delà des services culturels ou commerciaux, véhicule encore une image négative pour ceux qui n’ont pas été sensibilisés à l’histoire du bassin minier. Des considérations environnementales et architecturales restent à développer. Par contre, privilégier les hauts revenus, n’est ce pas prendre le risque, justement, de désolidariser la population aux revenus plus modestes de la dynamique qui serait alors créée ?
4) Je ne pense pas, contrairement à M Alpern, que la ghettoïsation guette. Evaluer les aptitudes individuelles me semble, en effet, être la meilleure solution pour cibler les mesures d’assistance. Doter les associations œuvrant en ce sens pourrait y contribuer.
5) Aujourd’hui, l’équilibre des CSP se distingue de par l’accession à la propriété. Le développement du logement social (en accession ou en locatif) reste une nécessité malgré tout, du moins tant que le marché de l’immobilier n’aura pas évolué. Les programmes proposés aujourd’hui ne sont plus les tours HLM d’il y a 60 ans ! Les coopératives ont maintenant intégré les dimensions environnementales, le parc minier est en voie de réhabilitation et ceci aide à adoucir l’image de notre territoire. Créer des zones, certes attractives, comme la ZAC du Bord des Eaux, n’est ce pas créer en quelque sorte aussi un ghetto, une « zone de non droit » pour certains ? Mixer les programmes privé/public reste un réel challenge qui a pourtant déjà fait ses preuves en matière de vitalité économique.
7) Quant aux « petits » chantiers, bien-sûr qu’ils méritent d’être étudiés Monsieur P P !!
Ecrit par : Niveau O | mercredi, 08 octobre 2008
Je remercie monsieur Alain Alpern de sa nouvelle contribution au débat que je propose de relancer à l'aide des observations suivantes.
- concernant le point 2 : ce qui m'importe relève de l'approche transversale et de l'analyse systémique des politiques à conduire. Que l'ambition d'un développement durable puisse s'imposer comme le vecteur prioritaire d'une nouvelle économie est intéressant. En faire un impératif exclusif m'apparait néanmoins limitatif des réflexions à conduire pour tenter de dégager l'ensemble des possibles. La régulation citée dans mon point 1 relève toutefois d'une intention compartable à celle que monsieur AA me semble exprimer.
- concernant le point 3 : réserver la culture à une élite est pour ma part un contre sens de ce qu'est la Culture. La Culture ne peut se prévalloir des cultures comme la jeunesse des jeunesses.
- concernant le point 4 : tout comme AA je me méfie de ce concept de démocratie participative qui pourrait s'imposer à tous comme une évidence décrétée. Je crois en revanche fondamentalement aux valeurs dont se revendiquent différents mouvements d'éducation populaire, tels les MJC, Léo Lagrange, ... mais aussi les MRJC. Je suis en outre convaincu de l'intérêt d'associer dans le cadre d'un acte éducatif l'individu dans la définition et la mise en oeuvre d'un projet dont il peut avoir l'initiative. Les exemples sont nombreux et les transformations remarquables. Une telle approche nécessite pour les animateurs / éducateurs, il est vrai, des compétences particulières et une expérience en la matière. Des formations destinées aux bénévoles comme aux professionnels existent.
- concernant le point 7, enfin. Quand la demande ne peut être satisfaite, elle offre des perspectives de développement qu'il convient alors d'étudier. L'échelon intercommunal apparait une nouvelle fois, à minima, le territoire de pertinence.
Puisse l'intervention de monsieur Alain Alpern en susciter d'autres. C'est là aussi l'ambition d'Alter Echo.
Ecrit par : PP | mercredi, 08 octobre 2008
A niveau O.
Le risque qu'à juste raison vous évoquez existe. Je le trouve toutefois bien moins important que celui que ne manquerait pas d'engendrer pour les familles les plus modestes une fuite des ménages aux revenus plus importants. J'ajoute, respectueusement, qu'Hénin Beaumont ne me semble pas se manifester par ses nombreuses fêtes réservées à la Jet Set, y compris au Peuplier Jaune.
Merci aussi pour l'ensemble de vos contributions. Meg Ryan me charge enfin de vous dire que vous avez reçu un message.
Ecrit par : PP | mercredi, 08 octobre 2008
Bien sur !
Mais de cela l David s en fout !
J esperais encore qu il fasse preuve de bon sens , mais je crois que depuis la parution de VDN de ce matin , il s englue de plus en plus !
Menace de retrait de délégation ?
Obeissance au Parti ?
Promesses de .... ?
Je croyais encore qu il pouvait lui rester un peu de libre arbitre , de conscience , d integrite , d honneur ,de réalisme , mais il n en est rien !
Il ne vaut pas mieux que son camarade J B D !
Ecrit par : rafa | jeudi, 09 octobre 2008
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