samedi, 28 janvier 2012

De bons petits soldats

Marine Le Pen a estimé qu’il était temps de recruter des hommes et des femmes qui croient en la France, des hauts fonctionnaires patriotes.

Dans le même temps elle s’est déclarée hostile à l’existence de syndicats chez les magistrats.

De bons petits soldats obéissant au doigt et à l’oeil alors que le devoir de réserve qui s’applique à tous les fonctionnaires contribue non seulement à garantir l’impartialité d’un service public auquel les citoyens ont droit mais aussi à sanctionner le non respect du principe édicté ou tout autre type d’abus.

Les deux interventions de Marine le Pen confirment non seulement son peu de considération et de confiance vis-à-vis des fonctionnaires (en cela non plus, elle ne se démarque pas de Nicolas Sarkozy), mais aussi sa profonde méconnaissance des trois fonctions publiques. Ce n’est pas non plus sans nous rappeler l’usage que firent de ces mêmes fonctions publiques en d’autres temps ou d’autres lieux les plus beaux spécimens de dictateurs.

Comment dès lors s’étonner que sur la pauvreté et la précarité, le pouvoir d’achat, le chômage, l’école et l’éducation, la croissance économique, les impôts et les taxes,  la dette publique de la France, Marine Le Pen apparaît pour les Français comme la candidate parmi les 4 "favoris" la moins crédible pour traiter des sujets.

Est-ce un hasard si Steeve Briois s’est dispensé d’intervenir localement pour évoquer les sujets relatifs à la suppression de postes d’enseignants, au transfert d’une partie de l’activité de l’AHNAC d’Hénin Beaumont vers Liévin ?

Non ! Steeve Briois semble être né avec une seule ambition : bouffer l’UMPS qu’il s’est créé de toute pièce, s’exonérer de ses sérieuses responsabilités dans la situation locale, mais aussi et surtout  ne jamais appréhender sur le fond ce qui pourtant nourrit les préoccupations du quotidien de nombre d’Héninois et de Beaumontois.

 

Rapport sur l’extrême droite

LDH.jpgConvention régionale de la LDH

14 janvier 2012 à Hénin-Beaumont

 

Rapport sur l’extrême droite

présenté par Alain Pruvot

Président de la Fédération du Pas-de-Calais

 

 

 

La société française en crise est aujourd’hui confrontée à toute une série de défis dont celui de la montée de l’extrême droite. Cette dernière met en oeuvre plusieurs stratégies : celle de l’entrisme dans nombre d’associations, celle, développée par Marine Le Pen, qui consiste à s’enraciner institutionnellement en offrant un visage plus « présentable » mais sans rien céder sur le fond et celle qui voit se développer sur le terrain des petits groupes néofascistes radicaux et virulents, bras armés de la contre-révolution.

L’Histoire est là pour témoigner des méfaits de l’extrême droite mais il faut aussi s’interroger sur les raisons profondes de la montée du vote FN, notamment dans notre région, traditionnellement terre d’accueil et de brassage de populations, terre ouvrière, souvent à l’avant-garde de grandes conquêtes émancipatrices. Rappel historique et interrogation sur les causes du phénomène semblent indispensables pour amorcer une réflexion visant à définir des modalités d’action permettant de répondre à ce terrible défi lancé à tous les démocrates républicains, hommes et femmes de progrès.

 

Bref rappel historique

L’extrême droite n’est pas un épiphénomène passager dans la vie de notre pays. Cette nébuleuse, constituée de courants divers, s’inscrit dans une vieille tradition française, datant de l’époque de la Révolution de 1789. Refusant d’admettre les principes républicains et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, elle se montre particulièrement virulente au moment de l’Affaire Dreyfus avec Charles Maurras et l’Action Française et s’oppose à la laïcisation de la société.

Elle connaît une brutale accélération avec la crise de 1929, les ligues de 1934 et, dans un contexte marqué par une flambée de l’extrême droite en Europe avec le nazisme, le fascisme, le franquisme, le salazarisme et le rexisme, on voit prospérer des mouvements tels la Cagoule, le PPF (Parti Populaire Français) de Jacques Doriot, le RNP (Rassemblement national populaire) de Marcel Déat, toutes ces forces se retrouvant au sein du Régime de Vichy avec Pétain et la tristement célèbre Milice de Joseph Darnand.

Discréditée et défaite après la Seconde Guerre mondiale, l’extrême droite ne réussit plus guère à s’imposer malgré l’activisme de l’OAS, le mouvement poujadiste, les interventions du GUD en milieu estudiantin et les menées provocatrices de Jean-Marie Le Pen qui édite des chants nazis, s’affiche en compagnie d’anciens responsables de la Waffen-SS et considère les fours crématoires et les camps d’extermination comme un « détail de l’histoire ». Des organisations comme Occident ou Ordre nouveau restent groupusculaires, même si elles font preuve d’une réelle nocivité et d’un activisme certain.

En revanche, des mouvements de pensée comme le Club de l’Horloge ou le GRECE

(Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne) commencent à influencer largement certains milieux intellectuels, judiciaires et parlementaires. C’est finalement dans les années 80 que l’extrême droite refait véritablement surface sous la houlette de Jean-Marie Le Pen qui parvient à faire du Front National une organisation structurée et fortement médiatisée.

 

Le FN, un parti comme les autres ?

 

Même si, selon une enquête d’opinion, une (courte) majorité de Français considèrent désormais que le FN est un parti comme les autres, il importe de rappeler avec force que « la préférence nationale », systématiquement mise en avant par le FN – rebaptisée « priorité nationale » dans le programme présidentiel de la candidate Marine Le Pen, est discriminatoire et va donc à l’encontre de nos principes constitutionnels, la Constitution de la République incluant dans son préambule la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Il importe aussi de rappeler que des majorités de circonstance ne sauraient remettre en cause notre socle républicain et les bases de notre démocratie, pas plus qu’on ne peut se prévaloir de la liberté d’opinion et d’expression pour s’attaquer à tous les autres droits inscrits dans la Déclaration Universelle, comme le stipule le dernier article de la DUDH.

Dans une déclaration commune, les principaux syndicats de la région ont réaffirmé, très

justement, que le F.N. n’est pas un parti comme les autres : l’exclusion, le rejet de l’Autre, le repli de la France sur elle-même, la fermeture des frontières, la désignation de boucs émissaires, la dénonciation de l’immigration comme responsable de tous les maux sont des attitudes qui, l’histoire en témoigne, ne peuvent conduire qu’au pire. Et il est vrai qu’aucun régime politique d’extrême droite n’a jamais été porteur d’un quelconque progrès pour les citoyens du pays concerné, encore moins pour l’humanité entière. Au contraire, tous ces régimes ont abouti à de véritables catastrophes.

En rompant avec le principe d’égalité des citoyens devant la loi, le FN prône une orientation lourde de menaces pour l’avenir de notre démocratie.

 

La progression de l’extrême droite : tenter de comprendre

 

Dans notre région, le FN a réalisé une percée dans l’ex-bassin minier, notamment dans le secteur d’Hénin-Beaumont, mais pas seulement, puisqu’il est aussi très présent dans certains secteurs ruraux de l’Artois, dans le Calaisis ou en Flandre. Même si, lors des élections cantonales, tous les candidats du FN ont été battus, y compris à Montigny-en-Gohelle où Steeve Briois (récemment promu secrétaire national du mouvement) n’a pu atteindre son objectif, on a enregistré dans certains quartiers d’Hénin-Beaumont des scores dépassant 50%. Comment en est-on arrivé là ?

Sans doute, le terreau est-il on ne peut plus favorable dans une région plusieurs fois  sinistrée économiquement avec la récession minière et la crise industrielle liée à la mondialisation et aux délocalisations qui ont provoqué une cascade de fermetures d’entreprises et une vague énorme de licenciements (Metaleurop, Samsonite, Energyplast…). Une région socialement déjà très défavorisée avec une population fortement précarisée qui se sent déclassée, abandonnée par tous les élus et les élites, une population qui se laisse d’autant plus facilement piéger par le discours démagogique du FN qu’elle recherche les responsables à la crise que le F.N. lui livre en la personne des étrangers, véritables boucs émissaires. S’ajoute à cela le fait que le parti frontiste a lissé complètement des aspects de son discours, en allant même jusqu’à dénoncer la mondialisation, s’afficher comme défenseur de la laïcité et affirmer sa volonté de prendre en charge le sort des ouvriers, tout comme l’avaient fait, dans les années 30, le parti nazi allemand (NSDAP) ou, en France, les fascistes du RNP, parti qui se revendiquait antisémite et fasciste.

Il faut également déplorer que les partis ouvriers traditionnels n’aient pas démontré – c’est le

moins qu’on puisse dire – leur capacité à défendre les intérêts du monde ouvrier ; au mieux ont-ils accompagné manifestations et protestations syndicales.

On peut parfaitement comprendre le désespoir, les désillusions, le mécontentement, la colère profonde voire la révolte de tous ceux qui ont le sentiment d’avoir été trahis par les hommes politiques de tous bords, ceux de la majorité présidentielle, certes, mais aussi ceux de l’opposition socialiste, tous dénoncés par le FN sous l’appellation « UMPS », visant à accréditer l’idée de la collusion de ces partis et leur communion dans la pensée unique. Cela dit, les ravages du « lepénisme » sont profonds au sein de la société française et vont bien au-delà des frontières du seul FN. Il y a d’autant plus lieu de s’en alarmer que les liens entre droite nationale et extrême droite sont déjà anciens, comme le prouve la présence au sein même du Gouvernement - ou dans l’entourage du Président de la République -d’anciens membres d’organisations d’extrême droite. On ne peut oublier non plus les propos tenus par Jacques Chirac sur « les odeurs » même s’il est vrai aussi qu’il est le premier Président de la République à avoir reconnu officiellement la responsabilité de l’État français (le gouvernement de Vichy) dans la politique de collaboration avec le régime nazi. Et il est vrai aussi que les gaullistes « historiques » ont toujours combattu les pétainistes et les mouvements d’extrême droite.

À gauche, la gestion de certains élus, parfois empêtrée dans l’affairisme voire la corruption, a largement contribué à ouvrir grand la voie au FN qui, de surcroît, s’est permis le luxe de se poser en chevalier blanc et d’engager des campagnes « mains propres », oublieux des irrégularités, trafics et autres malversations dans lesquels sont impliqués nombre d’élus d’extrême droite, par exemple dans les municipalités du sud de la France.

Il faut aussi déplorer l’attitude de la justice, notamment par rapport à ce qu’on appelle aujourd’hui  l’affaire Dalongeville : arrêté en avril 2009, l’ancien maire d’Hénin-Beaumont n’a toujours pas été jugé, pas plus que les autres personnes de son entourage directement incriminées, ce qui permet à Steeve Briois d’affirmer qu’il a été le premier à tirer la sonnette d’alarme, ce qui permet aussi d’entretenir une confusion très préjudiciable et empêche les forces démocratiques de se positionner clairement par rapport à cette question, respectueuses qu’elles doivent être de la présomption d’innocence ! Il est vrai

que nos concitoyens ont conscience d’avoir été abusés par certains politiques mais allons nous, sous ce prétexte, accepter de l’être plus encore par ceux qui sont les héritiers directs du fascisme ? Ceux-là même qui travestissent la réalité et dissimulent leurs véritables intentions sous un fallacieux langage ouvriériste et pseudo social, masquant ainsi la dimension ultra libérale de leurs orientations véritables, ceux-là même qui recourent massivement à la démagogie visant à dresser le « peuple » contre les « élites corrompues ».

À tout cela s’ajoutent les divisions criantes au sein même du principal parti d’opposition, le Parti Socialiste, l’absence récurrente d’une section socialiste clairement identifiée dans la ville même d’Hénin-Beaumont et la non-validation d’un candidat par le P.S. pour les prochaines élections législatives : une situation dont les habitants disent eux-mêmes qu’elle fait, à l’évidence, le jeu de Marine Le Pen.

On ne peut non plus ignorer ou banaliser l’impact de tous les messages racistes,  islamophobes, antisémites, insultants contre les Roms qui circulent sur le Net, fleurissent sur certains blogs ou sont relayés par mails.

Pour autant, on ne dénoncera jamais avec assez de sévérité la politique du Gouvernement

Sarkozy : ce dernier a brisé le tabou qui faisait jusqu’alors du FN un parti pas comme les autres. Par ses propos xénophobes, ses attaques contre les Roms, la politique menée à l’égard des migrants et des étrangers de façon générale, le Président de la République a rompu avec la tradition républicaine et a rendu encore plus poreuse la frontière entre la droite traditionnelle et l’extrême droite, d’autant que celle-ci cherche à se muer en parti de droite nationaliste aspirant à gouverner sur le modèle de l’alliance nationale en Italie, prélude à la constitution d’un bloc politique ultraréactionnaire entre une UMP « droitisée à l’extrême » et un FN « dédiabolisé ».

Il faut rappeler, par exemple, que, dans la région, ce sont des militants d’extrême droite qui s’en sont pris à plusieurs reprises aux installations de douches offertes aux migrants dans le secteur de Bailleul.

Il faut savoir que les élus FN n’ont de cesse d’appeler à voter contre l’attribution de subventions aux associations qui viennent en aide aux étrangers, que ce soit au niveau des municipalités ou au Conseil Régional, et que, tout récemment, l’UMP a réservé un accueil enthousiaste aux suggestions d’Éric Zemmour de supprimer les subventions aux associations antiracistes : belle convergence !

En maintes circonstances, l’extrême droite a montré ce dont elle était capable, par exemple en insultant des démocrates, en intentant systématiquement des procès à l’encontre de ses opposants ou en purgeant les bibliothèques de certains ouvrages humanistes et progressistes dans les municipalités qui étaient passées sous son contrôle. S’agissant des droits des femmes, le FN accédant au pouvoir reviendrait à l’évidence sur toutes les avancées et les progrès des 40 dernières années comme le prouvent les manifestations anti-avortement toujours à l’initiative de groupes largement influencés, voire téléguidés, par l’extrême droite.

Il ne faut pas perdre de vue non plus le contexte européen actuel où l’on voit se développer tout à la fois les mouvements xénophobes, antieuropéens, ultranationalistes et néofascistes qui se veulent partis de gouvernement, comme le FPÖ en Autriche, l’UDC en Suisse, le Parti de la liberté aux Pays-Bas ou le Vlaams Blok, devenu Vlaams Belang, en Belgique - quand ils ne sont pas déjà au pouvoir comme en Hongrie – ou les groupes identitaires radicaux comme en Flandre ou sur le territoire de l’ancienne Allemagne de l’Est, par exemple.

Face au péril, l’heure est au rassemblement et au sursaut de tous les démocrates. Compte tenu des précédents historiques, nous n’aurions aucune excuse à faire preuve de la moindre complaisance envers ces nouveaux avatars de la peste brune.

 

La résistible ascension de l’extrême droite ou quelle stratégie pour assurer sa défaite

 

Pour tous les démocrates, dans un contexte d’approfondissement de la crise économique, il est capital de définir la meilleure stratégie face à la progression de l’extrême droite dans notre région.

Bénéficiant d’un battage médiatique indécent, Marine Le Pen se sert de la misère des gens et de la situation d’Hénin-Beaumont comme d’un tremplin pour conquérir le pouvoir au niveau national.

Jusqu’à présent, le FN a toujours pu être mis en échec lors des consultations électorales, même dans le secteur d’Hénin-Beaumont où il a encore été battu pour la 4ème fois consécutive : aux législatives, lors des deux élections municipales et aux dernières cantonales, malgré un climat de division politique particulièrement détestable.

Cela a été rendu possible notamment grâce à l’appel lancé par la LDH à faire barrage à l’extrême droite par la constitution d’un front républicain. Dès lors, Mme Le Pen peut bien ironiser sur la prétendue ringardise du procédé, ce sursaut républicain a, jusqu’alors, permis d’éviter le pire scénario. Mais cela ne suffit plus.

Il nous faut inlassablement réexpliquer en quoi le FN, qui a été délibérément et durablement

installé dans le paysage politique, mine de l’intérieur les bases de notre démocratie en se servant de la liberté d’expression pour mieux s’attaquer à nos droits et libertés fondamentaux. Car c’est en cela tout particulièrement qu’il est dangereux, d’autant qu’il avance masqué : ses voltes faces en matière de programme économique par exemple montrent bien qu’on ne peut accorder le moindre crédit à ses promesses électorales.

La situation à Hénin-Beaumont aujourd’hui est extrêmement inquiétante car la division fait des ravages dans le camp des forces démocratiques : tout est prétexte à querelles et on en arrive à une exacerbation telle qu’elle engendre le rejet de toute entente. Dans ce contexte désespérant, puisqu’on sait que seule l’union est de nature à empêcher le FN de gagner, il est tout de même réconfortant de constater que ce sont des personnalités du monde politique héninois qui sont venus chercher la LDH pour être modérateur, sur la base de son indépendance, dans le cadre d’une tentative de rapprochement avec en perspective une reconstruction de l’union des forces de progrès. Ces mêmes personnalités ont ensuite confié à la LDH la charge de coordonner les initiatives. Confrontée au refus de la majorité municipale de s’asseoir à la même table que ses détracteurs, alors qu’elle affirme aussi son attachement aux valeurs de la République, la section héninoise de la LDH a souhaité entreprendre une démarche spécifique et a proposé une rencontre bilatérale avec cette majorité municipale, seul espoir de réunir un jour tous les protagonistes pour un même combat. Si la tâche paraît particulièrement ardue, il n’est pas d’autre solution que de se battre pour offrir aux Héninois, et au-delà, une alternative démocratique claire et fiable face au FN. Pour l’heure, la LDH garde une forte crédibilité pour fixer le cap et maintenir le dialogue avec toutes les composantes républicaines de la vie politique héninoise et elle a déjà enregistré de nombreux soutiens et encouragements pour cet engagement.

Au-delà du cas emblématique d’Hénin-Beaumont, c’est aujourd’hui au niveau régional et national que tous les élus doivent prendre leurs responsabilités : il en va de la survie de notre démocratie.

Outre son positionnement par rapport au FN, la vigilance de la LDH dans la région Nord-Pas-de-Calais s’est également manifestée à l’égard d’autres composantes de l’extrême droite. Consciente du développement inquiétant des manifestations de petits groupes, certes ultra-minoritaires, mais extrêmement actifs, la LDH a multiplié les initiatives.

Cela a pris notamment la forme d’une riposte antifasciste à la manifestation organisée à Lille le 8 octobre par des groupes identitaires, xénophobes, ultranationalistes et néonazis particulièrement radicaux dans leurs discours et violents dans leurs pratiques. La LDH a protesté avec vigueur contre cette manifestation très provocatrice et en a même demandé l’interdiction à la Préfecture. Elle a aussi exigé la fermeture de la Maison flamande de Lambersart où le mouvement de jeunesse Opstaan est particulièrement actif.

La Fédération du Pas-de-Calais avait, elle, publié un communiqué protestant contre la manifestation lancée par les identitaires de la Maison de l’Artois au Monument des Mineurs à Auchel le 23 septembre 2011, manifestation qui a finalement été annulée par ses organisateurs. Elle a aussi apporté son soutien à David Noël, secrétaire de la section héninoise du Parti communiste qui est assigné en justice par Steeve Briois et Marine le Pen qui lui réclament chacun 13000 euros sous prétexte de diffamation !

Dans le Pas-de-Calais également, la LDH qui avait déjà à plusieurs reprises protesté contre la profanation de tombes musulmanes au Cimetière national de Lorette, est intervenue auprès du Procureur de la République en faveur d’un jeune Maghrébin victime de harcèlement et de menaces de mort émanant d’un groupe de skins néonazis. Il est pour le moins regrettable que la justice ait classé l’affaire au prétexte que l’agresseur principal avait déjà fait l’objet d’une sanction de la part d’une autre administration, en l’occurrence le lycée où il était scolarisé.

L’Éducation nationale, à l’initiative de l’Inspecteur d’Académie du Pas-de-Calais a publié au

printemps 2010 deux circulaires relatives à la prévention des comportements racistes et xénophobes et elle avait invité la LDH à une réunion départementale avec le service social. Suite à cette rencontre, l’Inspection Académique a souhaité la participation de la LDH dans trois forums « citoyenneté » organisés en mars 2011 pour les collégiens et les lycéens. À chaque fois, les ligueurs ont enregistré des témoignages très inquiétants sur le climat qui règne dans certaines classes et sur le développement des idées et des pratiques néonazies. C’est ainsi également que la LDH a été amenée à effectuer plusieurs interventions en milieu scolaire, notamment au lycée Voltaire à Wingles ou au collège de Courcelles-les-Lens. La LDH a aussi été amenée à traiter de cette question au cours des stages alternatifs de citoyenneté organisés par la PJJ à l’intention de mineurs placés sous le coup d’une peine.

 

Conclusion

 

Nous sommes face à une situation très inquiétante où l’on constate tout à la fois l’enracinement du vote d’extrême-droite et l’activisme de groupes minoritaires virulents. Cette situation doit être évaluée lucidement à la lueur de la crise économique et en tirant les leçons du passé : la référence aux années 30 et 40 s’impose à l’évidence.

La vigilance de la LDH ne doit pas se relâcher car il ne faut pas sous-estimer les capacités du FN qui bénéficie de puissants relais médiatiques et juridiques, voire de certains milieux très fortunés. Il faut aussi prendre en considération le fait que l’appareil, très bien conseillé, a une remarquable capacité à s’adapter très rapidement en termes de propagande, voire à infléchir notablement son discours.

Il nous faut continuer à dénoncer avec force certaines déclarations ministérielles et présidentielles qui par leur radicalité à l’égard des Roms et des étrangers par exemple viennent apporter une caution au discours du Front national qu’elles légitiment ainsi. Même s’il s’agit de calculs politiciens, visant à récupérer les voix FN, chacun sait que l’électorat préfère toujours l’original à la copie et qu’il est tenté, en désespoir de cause, « d’essayer ce qui n’a encore jamais été essayé » !

Si l’on veut éviter la réédition d’un certain 21 avril, il faut interpeller les politiques afin qu’ils se positionnent par rapport à l’attente de nos concitoyens mécontents : quelles réponses  alternatives précises et crédibles ont-ils à fournir en matière d’emploi, de santé, de logement et de laïcité aux populations qui sont en grande souffrance ?

Il nous faut donc élaborer un matériel de diffusion qui soit particulièrement accessible, rédigé de manière simple afin de mettre en garde les électeurs face au FN car ce sont bien les orientations du FN qu’il faut combattre et non les électeurs : il ne faut pas les diaboliser mais les responsabiliser en les éclairant.

 

Rapport adopté à l’unanimité

vendredi, 27 janvier 2012

Conseils de quartiers, acte III

Acte III annoncé dans "La lettre du maire" par un premier magistrat tout à son bonheur de renouer enfin avec la démocratie participative à Hénin Beaumont.

Acte III en effet puisque ce que Dalongeville se vantait d'avoir instauré lors de sa mandature existait déjà, certes sous une forme moins élaborée, à l'époque de Darchicourt. Les réunions de quartiers souffraient surtout alors d'un manque de communication.

Alors, que peut-on attendre aujourd'hui de cette mouture sauce AR ? Comment participer aux conseils de quartiers ? Le flou reste de circonstance puisque sur la même page, on apprend d'une part que chaque conseil sera constitué de 31 membres, et d'autre part qu'ils "seront composés de toutes les personnes volontaires sans limitation de nombre".  Si on lit de plus près, on s'aperçoit que c'est le bureau de chaque  conseil qui comprendra 31 membres. Un bureau en forme de conseil d'administration d'un conseil de quartier... Et les autres personnes volontaires donc ? Quels seront leurs droits ? Soit !

Quelles seront les prérogatives de ces conseils ? Il est écrit que "les conseils débattent de toutes les questions liées à la vie quotidienne relevant de la compétence du Conseil (...) et que les membres participent ainsi à tous les stades de décisions qui concernent leur quartier." Des questions se posent immédiatement, et notamment, y aura-t-il délégation du Conseil Municipal vers les Conseils de Quartiers? Chaque quartier aura-t-il un budget propre ? Les revendications et les propositions seront-elles suivies d'effets ? Qui aura autorité ? En clair, les Conseils de Quartiers seront-ils véritablement des instances de décisions ?

A la lecture de la présentation de cette relance, il est difficile de constater une évolution par rapport à la mouture sauce Dalongeville. Le déséquilibre de la répartition des habitants n'a pas été pris en compte. Le Quartier Est par exemple, paraît "surpeuplé" mais ne bénéficiera pourtant pas de plus de représentants au sein de son conseil. L'afflux d'habitants dans le secteur du Bord des Eaux aurait nécessité un quartier à lui seul, ou un redécoupage aurait pour le moins été bienvenu.

 Même flou artistique en ce qui concerne le fonctionnement, aucune précision sur la fréquence des réunions, sur le rôle des élus. On apprend juste que le FN y fera une entrée par la grand-porte.

Pour obtenir, on l'espère, des réponses aux questions posées, il reste à chacun d'entre-nous à remplir son petit coupon de candidature, et à aller le déposer en mairie. On apprend sur le coupon que le tirage au sort aura lieu le 5 mars et sera effectué en présence d'un trio composé d'un élu majoritaire, d'un élu de l'opposition, et d'une personnalité locale. On aurait aimé connaître le nom de ces 3 personnes (je vois bien Bouquillon - Briois - Daussin), juste pour savoir si l'on a une chance ou pas d'être retenu... Personnellement, j'ai fait partie du conseil de mon quartier lors des 2 premières moutures, avant de me faire virer par Dalongeville en 2006 pour opposition manifeste. Je candidaterai bien évidemment, et même dès aujourd'hui.

 

Christine COGET

 

jeudi, 26 janvier 2012

Condoléances

C'est avec tristesse que nous avons appris le décès du papa d'Emmanuelle Boutillier. La vie est faite d'épreuves, celle-ci est particulièrement douloureuse.

Nous adressons nos très sincères condoléances à Emmanuelle et Jacques, ainsi qu'à toute la famille et nous les assurons ici de toute notre sympathie.

Mystères aux archives municipales...

Il est juste de pouvoir penser que la disparition d'archives de l'hôtel de ville héninois ne relève en rien du hasard et qu'il est des responsabilités plurielles qu'il conviendra de juger, commanditaires de 1er ordre comme de seconde zone. 

De tels actes sont de nature à entraver les actions dont la justice pourrait avoir grandement besoin dans le cadre des affaires politiques qu'elle est amenée à traiter. 

Si ce qui à ce stade ne peut être exposé que sur le registre des hypothèses venait à se confirmer, alors il y aurait matière à tirer tous les enseignements de ces pratiques dignes de "marlous" dont une poignée d'individus aura pu tirer profit aux dépens des populations. Sur ce sujet aussi, le 1er magistrat est invité à faire toute la lumiére et, le cas échéant, à sanctionner élus de la majorité et/ou  fonctionnaires zèlés qui viendraient à être incriminés.

mercredi, 25 janvier 2012

Suppressions de postes dans les lycées: communiqué

Sur un territoire marqué par de sérieuses difficultés économiques, sanitaires et sociales, sur lequel l'accès aux savoirs et à la culture demeure problématique, le système éducatif constitue un enjeu, une réponse, ainsi qu'un espoir.

Dès lors, envisager la suppression de 14 postes sur le seul lycée Pasteur, d'une dizaine au lycée Senez, envisager la fermeture de classes dans le 1er degré alors que dans le même temps l'augmentation des effectifs dans certains établissements justifierait l'ouverture de nouvelles classes, apparaît comme une provocation inadmissible aux motivations budgétaires infondées, y compris à moyen terme.

Les Démocrates héninois apportent un soutien sans faille aux équipes éducatives et aux parents d'élèves concernés par ces mesures incompréhensibles et invitent Madame le Recteur à reconsidérer sérieusement et au plus vite la situation scolaire locale.
 
 
ci-dessous, l'article de la Voix du Nord en cliquant sur le lien:

mardi, 24 janvier 2012

Affaire Rigoberte M'Bah - Communiqué

Il n'y a rien d'étonnant à voir un préfet appliquer les directives qu'il reçoit d'un gouvernement en mal de boucs émissaires pour tenter de dissimuler ses nombreux échecs.
Mais rien ne peut justifier pour autant la décision d'expulsion prise à l'encontre de Madame Rigoberte M'Bah.


Les seuls reproches que l'on peut en effet adresser à la joueuse du FCF Hénin Beaumont sont d'avoir fait confiance aux anciens dirigeants du club local (qui n'ont pas répondu aux impératifs dictés par le droit du travail), de vouloir exercer son métier (Madame M'Bah n'a jamais déclaré vouloir faire sa vie en France) et d'être une femme (on imagine aisément qu'une situation analogue touchant un joueur de ligue 1 aurait trouvé une issue favorable et plus rapide).


Pour l'ensemble de ces différentes raisons, notamment, les démocrates heninois tiennent à apporter leur plus vif soutien à Madame Rigoberte M'Bah.

lundi, 23 janvier 2012

Sérénité et Espoir

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Comme tous les ans, Jean URBANIAK, maire de Noyelles Godault et Conseiller Général d'Hénin Beaumont, a passé avec brio cet exercice traditionnel de présentation des voeux à la population.

Dans cette salle comble, aménagée avec soin par les services municipaux, pas d'invité d'honneur, pas de faire-valoir inutile, mais un discours empreint de sérénité et d'espoir, retraçant un bilan 2011 plus que satisfaisant et révélant des projets pour 2012 très intéressants.

"Faire ce que l'on dit et dire ce que l'on fait", voilà la devise du conseil municipal noyellois.

samedi, 21 janvier 2012

Marine Le Pen est-elle vraiment "net" ?

Marine Le Pen est-elle vraiment net ?

En lançant son blog de campagne (Steeve Briois va t-il enfin récupérer le sien ?) Marine Le Pen s'est exprimée en faveur des libertés sur Internet qu'elle appréhende comme un espace permettant de combattre "la"dictature de la bien-pensance et de la pression des intérêts politiques et financiers". 

Comme cela est fort joliment dit. Mais  chacun jugera de la facilité avec laquelle Marine Le Pen et les siens se contrefichent de leurs louables intentions lorsqu'il s'agit de couper court aux attaques dont le FN fait fort logiquement l'objet. Intimidations, demandes de réparation, dépôts de référés visant à interdire publication d'ouvrage ou diffusion de reportage, sans oublier les postures de l'outragée ou l'armée de commentateurs se livrant "spontanément" (ah cette fameuse spontanéité du militant...) sur la toile au pourissement des débats pour le moins encombrants quand il ne s'agit pas et tout bonnement de s'en remettre au dénigrement et à l'insulte nominativement ciblés.

Cette liberté là, on peut comprendre qu'elle y soit fermement attachée, elle qui, il est vrai, n'a fait l'objet d'aucune apparition dans les médias... Quelle injustice...


Que la starlette n'amuse plus, une fois les choses sérieuses revenues est une autre histoire. Le manque provoque parfois des réactions terribles : le bouc-émissaire, l'étranger, est bien placé pour en parler, le fonctionnaire et l'assisté sont priés de se préparer.
le pen,fn,internet

Et c'est bien parce que nous sommes nous aussi farouchement attachés à la liberté d'expression que nous invitons Marine Le Pen, désireuse d'établir via sa toile des liens vers des blogs et sites d’internautes la soutenant à suivre les conseils suivants.

 


1) se dispenser d'un référencement du réseau France nationaliste . Le visiteur pourrait y trouver de nouveau quelques posters téléchargeables susceptibles d'effrayer l’électorat. Thierry Maillard, candidat FN aux dernières élections cantonales, a beau être un ardent défenseur du ciseau et de la colle, mieux vaut ne pas mettre à la vue du grand public une photo empruntée aux Jeunesses hitlériennes (http://a405.idata.over-blog.com/600x512/2/36/01/38/Racism...).

Que les postures de Marine Le Pen puissent ressembler à celle de Jeanne d'Arc made in Pétain, voila qui est déjà suffisamment osé pour ne point trop tenter le diable.

le pen,fn,internet2) éviter de céder à nouveau aux buzz 2011 et aux clichés pris en charmante compagnie, sourire aux lèvres. Pas de bras, pas de choc Allah ...


3) enfin : ne jamais parler des détails de l'Histoire. 

Pour le reste, Marine Le Pen peut être rassurée : on est plusieurs millions à s'en occuper. 

  
 

vendredi, 20 janvier 2012

Un monde de tarés

Marie-France Garaud s’en alla emprunter cette phrase d’un humoriste anglais  pour exprimer tout l’amour qu’elle portait à jacques Chirac. "Il ment tellement que l’on ne peut même pas croire le contraire de ce qu’il dit."

 

Un monde de tarés. Entendons-nous bien. Loin de moi l'idée de penser que les auteurs des commentaires déposés en différents lieux de la blogosphère héninoise soient à considérer comme des tarés.

 

Mais il est en revanche des situations énoncées par certains – le temps nous oblige pour quelques temps encore, soyez patients, à parler supputations – qui si confirmées, viendraient à témoigner de l’existence d’individus dangereux. Des situations dépassant l’entendement chez bon nombre de concitoyens, même épris ou férus de politique. Des actes délibérés supposant chez leurs « responsables » une bonne dose de schizophrénie se combinant avec un haut degré de machiavélisme.

 

Des citoyens pour qui la perversité manipulatoire pouvait, dans un contexte national conscrit, relever de l’art.

Force est de constater que cette perversité manipulatoire est aux hommes et femmes politiques qui ici pourraient être prochainement condamnés, ce que le dopage haut niveau est aux sportifs amateurs du dimanche. Inutile et encore une fois fortement dangereuse car insuffisamment surveillée.

Ce sentiment d’invulnérabilité est l’un des éléments les plus dévastateurs de la « foi » en la politique et en ceux qui en ont accepté la charge.

Puisse la justice être ici comme partout ailleurs aussi équitable qu’intraitable, pour qu’enfin et de nouveau chacun puisse aspirer à une politique avec un grand P.